La Banque centrale du Congo a formulé quelques recommandations au gouvernement pour lutter contre la dépréciation de la monnaie nationale face aux devises étrangères, en l’occurrence le dollar américain.
Dans sa note d’information hebdomadaire, cette institution financière souligne que le franc congolais a enregistré des évolutions divergentes dans les deux segments durant la semaine du 12 au 19 janvier 2024.
Selon la BCC, en date du 19 janvier 2024, la monnaie nationale s’est dépréciée de 1,43% s’échangeant à 2.690,97 FC contre un dollar américain à l’indicatif; alors qu’au marché parallèle, elle a enregistré une appréciation de 1,77% par rapport à sa valeur de la semaine précédente, s’établissant à 2.690,00 CDF pour un dollar.
Comme facteurs explicatifs sur le plan externe, l’Hôtel de monnaie mentionne l’intensification de la guerre en Ukraine; l’inflation persistante qui reste au-dessus des objectifs des banques centrales; le durcissement des conditions monétaires mondiales pour lutter contre l’inflation; la fragmentation des échanges commerciaux; l’escalade de la guerre dans toute la région du Moyen- Orient et le dérèglement climatique.
En interne, la BCC note l’insécurité à la partie Est de la RDC; les inondations provenant des pluies diluviennes conséquence de changement climatique; les tensions inflationnistes sur le marché des biens et services et la dépréciation de la monnaie nationale.
Pour pallier ces effets néfastes, la Banque centrale du Congo a préconisé quelques recommandations notamment la poursuite de contrôle des facteurs de la liquidité bancaire; l’exécution des réformes structurelles retenues dans le cadre du programme avec le FMI; le contrôle et suivi permanent des facteurs de la liquidité bancaire; le suivi des mesures de stabilisation de l’économie mise en place par le gouvernement et la BCC; la continuation du programme de développement local de 145 territoires et la concrétisation des projets de grande envergure visant la diversification de l’économie nationale.
Lors d’une réunion du Conseil des ministres le 10 novembre 2023, la gouverneure de la BCC, Malangu Kabedi, avait proposé au gouvernement une série de mesures susceptibles de redonner au franc congolais sa valeur d’antan.
Ci-dessous les 10 mesures proposées par la patronne de la BCC:
- Le gouvernement réitère la mesure de paiement de tous les droits dus à l’Etat en Franc Congolais. Par conséquent, les banques commerciales sont appelées à ne plus accepter les paiements des droits en monnaies étrangères ;
- A l’exception du point précédent, les opérateurs miniers sont eux appelés à s’adresser à la Banque Centrale du Congo pour toute opération de change pour paiement des taxes ;
- La Banque Centrale du Congo procédera à une analyse des écarts entre les taux vendeurs et les taux acheteurs sur le marché interbancaire afin de prendre les mesures correctives éventuelles pour éviter la spéculation sur ce marché;
- Le respect strict des taux indicatifs des banques commerciales par les opérateurs économiques en particulier les pétroliers, les grandes surfaces et les opérateurs de télécommunication ;
- Le respect des taux indicatifs par les organismes publics à l’instar de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS), le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP), les Régies Financières et tous ceux qui sont dans les opérations de change ;
- Le contrôle économique efficace pour s’assurer du respect des taux indicatifs par tous les opérateurs économiques dans le dénouement de toutes les transactions ;
- La lutte contre la fraude et l’application des mesures de restrictions sur l’importation des produits similaires dans la partie ouest de la République ;
- Le renforcement par la Banque Centrale du Congo, en collaboration avec la Chambre des Mines, du suivi et du contrôle de rapatriement des devises et l’application de toutes les mesures draconiennes qui s’imposent ;
- Le renforcement de la collaboration entre la Banque Centrale du Congo et la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) pour lutter contre la fuite et le blanchiment des capitaux ;
- La Banque Centrale du Congo devra accélérer les travaux de renforcement du système national des paiements.




















































