Le candidat à la présidentielle de décembre 2023, Moïse Katumbi est monté au créneau pour fustiger la gestion peu orthodoxe des finances publiques en République démocratique du Congo.
Dans un texte publié sur ses canaux de communication officiels, le président national du parti Ensemble pour la République dénonce la surfacturation de plusieurs projets publics ainsi que des détournements massifs à travers des projets publics « truqués ».
L’opposant cite notamment la sulfureuse affaire des forages, des lampadaires ainsi que l’organisation de la neuvième édition des jeux de la francophonie.
En ce qui concerne particulièrement les jeux de la Francophonie, le budget initial prévu pour cette édition, estimé à 48 millions de dollars, aurait explosé pour atteindre 324 millions de dollars, selon les informations révélées par l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi.
Il avait précisé que le budget des opérations est passé de 12 à 78 millions de dollars, tandis que les dépenses en investissements sont passées de 36 à 246 millions de dollars.
« Alors que des soldats affamés et abandonnés pendant 5 jours risquent la peine de mort simplement pour avoir cherché à se nourrir…on apprend que des centaines de millions de dollars auraient été détournés via des marchés publics truqués. Des forages, des lampadaires, les jeux de la francophonie et la centre financier ont été surfacturés au-delà de l’imaginable. Pendant ce temps, des compatriotes souffrent dans des camps de réfugiés, des veuves et des blessés de guerre sont négligés, des milliers d’orphelins sont abandonnés et des familles congolaises ne peuvent même plus nourrir leurs enfants », a pesté Moïse Katumbi, arrivé deuxième à la présidentielle de décembre 2023.
A cet égard, l’opposant exige la rupture avec l’impunité, des poursuites judiciaires contre les responsables de ces détournements ainsi que la restitution des fonds détournés.
« Il est temps que les responsables de ces vols soient poursuivis, jugés, et condamnés. L’argent détourné doit être restitué au Trésor et l’impunité doit cesser. C’est une question cruciale de dignité pour tous les Congolais, de justice sociale et de responsabilité des dirigeants », a-t-il argué.
Alors que le Président Tshisekedi avait fait de la lutte contre la corruption l’une des priorités de son premier mandat, beaucoup de ses proches ont en effet été accusés de corruption et de détournement présumé d’argent public. Même si la justice s’est saisie de ces affaires, très peu d’entre eux ont été condamnés. Ceux qui l’ont été ont été soit acquittés, soit ils ont bénéficié d’une liberté provisoire et vaquent librement à leurs occupations.
Récemment lors de la réunion du Conseil du 20 juin, Félix Tshisekedi a mis en lumière des nombreux cas de distorsion liés à l’inobservance des textes légaux et réglementaires régissant les finances publiques, la violation des dispositions réglementaires sur l’exécution des dépenses, le non-respect de la procédure ainsi que le non-respect des règles de passation des marchés publics.
Ce constat faisait suite au rapport des missions d’encadrement réalisé par l’Inspection générale des finances (IGF) aussi bien pour les dépenses publiques de manière générale que pour celle des entreprises et établissements publics en particulier.
Il a recommandé à la Première ministre Judith Suminwa d’instruire le ministre de la Justice d’engager la réflexion sur la mise en place d’un parquet financier ayant pour missions de poursuivre de manière spécifique les infractions de détournement de deniers publics.




















































