L’élection du gouverneur et du vice-gouverneur dans la province du Sankuru a mis en lumière des fractures profondes au sein du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le Progrès social (UDPS), grande force de la coalition au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation.
Après une longue période de rivalités entre deux secrétaires de l’UDPS, Deo Bazibu et Augustin Kabuya, la tension a progressivement changé de direction opposant, désormais, Augustin Kabuya au secrétaire permanent de l’Union sacrée et membre de l’UDPS, André Mbata. Les tensions ont fini par éclater au grand jour.
C’est une véritable guerre de palais, déclenchée lors du choix des candidats communs présentés au nom de la famille présidentielle pour l’élection du gouverneur du Sankuru et de son vice.
L’UDPS, pourtant censée avancer de manière unie, s’est retrouvée « en ordre dispersé ». Le violon ne s’est jamais accordé.
En définitive, le ticket porté par André Mbata, Jules Lodi Emongo a remporté, selon les résultats provisoires de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
À l’issue de cette victoire, le secrétaire permanent de l’Union sacrée a lancé une charge contre le camp de Kabuya, l’accusant notamment d’être « du mauvais côté de l’histoire ».
« Le candidat de Félix Tshisekedi, président de la République, chef de l’État et autorité politique de l’Union sacrée de la Nation, a gagné contre un candidat d’une coalition et des gens qui sont du mauvais côté de l’histoire. Il faut féliciter la population du Sankuru, ainsi que les députés provinciaux du Sankuru, pour avoir choisi le ticket proposé par Son Excellence Félix Tshisekedi », a-t-il lancé.
De plus, André Mbata a nargué Kabuya, qui selon lui, fait preuve d’absence du nationalisme » car n’ayant pas soutenu le ticket de l’USN, validé par Félix Tshisekedi :
« Le Sankuru n’est pas une province des traîtres. Ce n’est pas une province des gens qui ne savent pas exprimer leur nationalisme. La province de Lumumba se range aujourd’hui derrière Félix Tshisekedi. Le bon côté de l’histoire, on l’a toujours dit : c’est l’Union sacrée et c’est Félix Tshisekedi. Dans le cas de l’Union sacrée, il faut qu’on le sache une fois pour toutes : la haute autorité politique s’exprime à travers le rapporteur, le secrétaire permanent et le porte-parole de l’Union sacrée. C’est l’unique voix », a-t-il argué.
Face à ces propos, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, n’a pas manqué le coche pour s’apprendre à Mbata.
Lors d’un meeting au siège du parti, il a qualifié les déclarations de Mbata de « graves », accusant ce dernier d’outrepasser sa position.
« Mbata a dit que nous sommes du mauvais côté de l’histoire. C’est très grave. Mbata ne peut pas être plus catholique que le pape. Ce qui l’anime, c’est l’orgueil. En parlant du parcours politique entre Mbata et moi, je ne vois pas ce que Mbata représente politiquement de plus que moi. J’ai une histoire au sein de l’UDPS que nul ne peut effacer. Mbata s’est vraiment permis de déclarer que nous sommes du mauvais côté de l’histoire. C’était mal réfléchi de sa parti », a déclaré Augustin Kabuya devant un parterre de militants.
Le patron de l’UDPS a par ailleurs accusé André Mbata de tirer profit du combat mené par les militants historiques, tout en restant en retrait des obligations financières du parti.
Il a révélé que Mbata ne s’acquitte plus de ses cotisations, malgré son mandat de député national obtenu grâce à l’UDPS.
« Quand nous, on souffrait avec le chef de l’État, lui, il était où ? À ceux qui sont mandataires de l’UDPS, ne versez aucun rond chez Mbata, puisque lui-même ne cotise rien pour le parti. Quand l’Union sacrée aura besoin de l’argent de l’UDPS, qu’on me demande à moi, le gestionnaire de l’UDPS, on le leur enverra dans leur compte », a-t-il martelé.
Cette confrontation entre l’UDPS et l’UDPS relève des divisions internes et une guerre de leadership au sein même de la famille politique du Président de la RDC.















































