La ville de Kalemie, chef-lieu de la province de Tanganyika a été choisie pour le lancement de la toute première raffinerie pilote d’or dénommée « DRC Gold Refinery S.A ».
Fruit d’un partenariat entre l’entreprise publique DRC Gold Trading S.A et la société Lunga Mining, cette raffinerie dispose d’une capacité de production estimée entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois. Elle couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’achat de l’or jusqu’à son raffinage et la production de lingots.
Lors de la cérémonie du lancement, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba a inscrit cette initiative dans l’engagement du gouvernement visant à faire des ressources naturelles un levier de développement économique et de souveraineté nationale.

Selon lui, pour la première fois, la RDC se dote de la capacité de raffiner ses minerais stratégiques, tout en offrant des prix équitables, des installations transparentes et des avantages inédits pour les milliers de mineurs artisanaux, les comptoirs commerciaux ainsi que les petites et moyennes mines.
« Cette raffinerie permettra à la RDC de se positionner désormais comme un État exportateur d’or raffiné à une pureté de 99,9 % », a-t-il déclaré en présence du gouverneur de Tanganyika, de la ministre du Portefeuille, Julie Shiku et des responsables de la société DRC Gold Trading S.A.
Faisant d’une pierre deux coups, Louis Watum a appelé les acteurs impliqués dans des pratiques de fraude et de contrebande à y mettre fin et à intégrer le circuit officiel mis en place par l’État à travers la création de DRC Gold Trading S.A.

Pour le gouvernement congolais, la mise en service de cette raffinerie constitue ainsi un maillon essentiel dans la nouvelle architecture de gouvernance du secteur aurifère congolais, fondée sur la transparence, la traçabilité, la création de valeur locale et la protection des intérêts de la Nation.
L’objectif, a souligné le ministre des Mines, est de permettre aux Congolais, de tirer pleinement profit des ressources naturelles que regorge le sous-sol de la RDC.
Lors de la réunion traditionnelle du Conseil des ministres du vendredi 20 février, le Président de la République Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie intégrée, cohérente et opérationnelle de captation, de traçabilité et de sécurisation des flux d’or pour préserver les intérêts économiques et financiers de l’État, tout en luttant efficacement contre la fraude et la contrebande.
De nombreux rapports en sa possession relève qu’une part importante de la production nationale échappe aux circuits officiels, en raison de la prédominance de l’exploitation artisanale, de la porosité des frontières, des différentiels fiscaux avec certains pays voisins, et des réseaux de commercialisation informelle.
Cette situation entraîne des pertes substantielles de recettes publiques, une sous-évaluation des exportations réelles, une fragilisation du contrôle des flux de devises, ainsi qu’un risque de financement des circuits illicites.
Dans ce contexte, il a exhorté le gouvernement à réfléchir à une stratégie de captation et de sécurisation du flux d’or.
Cette initiative vise à intégrer progressivement la production artisanale et semi-industrielle dans les circuits officiels, afin d’accroître les recettes publiques, de sécuriser les entrées de devises, et de renforcer la souveraineté économique.



















































