Lors de son adresse à la Nation vendredi dernier, l’ancien Président de la République Joseph Kabila Kabange a dénoncé la déliquescence de la situation sécuritaire dans plusieurs provinces, y compris à Kinshasa, capitale du pays.
Dans son discours, Kabila a démontré que cette situation est due à la mauvaise gouvernance du pays qui, dans ce secteur, est caractérisée, par une formation militaire bâclée ; des recrutements et mises en place ethniquement motivés ainsi que par l’emprisonnement « sans jugement » aussi bien de plusieurs militaires et officiers de haut rang, que des agents de l’ordre et de sécurité. Particulièrement, il a mis en avant des arrestations ciblées contre les militaires swahiliphones.
Kibala qui a dirigé la RDC de 2001 à janvier 2019, a accusé le régime au pouvoir d’avoir substitué l’armée nationale, instrument de préservation de l’indépendance nationale et de l’intégrité territoriale, à des bandes de mercenaires, des groupes armés, des milices tribales et des forces armées étrangères qui ont, non seulement montré leurs limites, mais aussi enfoncé le pays dans un chaos indescriptible.
Dans sa Keynote, l’homme de Kingakati a accusé le pouvoir de Kinshasa de sous-traiter le maintien de l’ordre public et de la tranquillité nationale aux groupes armés et de faire de l’armée le bouc émissaire de la débâcle sur la ligne de front.
« Et comme si cela ne suffisait pas, l’armée nationale est vilipendée, conspuée et tournée en dérision par les autorités qui n’assument jamais rien, alors qu’elles sont censées veiller à sa consolidation et à sa respectabilité. Pour les avoir formés, commandés et conduits au front, je connais nos soldats. Bouc-émissaires, aujourd’hui, de toutes les contre-performances enregistrées sur le champ de bataille, ils ne sont pourtant pas, intrinsèquement moins bons, moins nationalistes et moins loyaux », a-t-il asséné critiquant la qualité du commandement et de leur prise en charge.
Face à ce tableau sombre, le sénateur à vie, militaire de formation, a réaffirmé son attachement à son serment: défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
« Mieux que quiconque, vous savez que, pour moi, le Congo est la priorité absolue ; que sa souveraineté et son intégrité territoriales ne sont pas négociables ; que mon engagement pour la démocratie, la cohésion nationale, la paix et la stabilité n’est pas un slogan creux ; et que le respect de la Constitution et des lois du pays, autant que celui de la parole donnée, sont sacrés », a précisé Kabila.
« Militaire, j’ai juré de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême. Hier au pouvoir, aujourd’hui en dehors du pouvoir, je demeure plus que jamais fidèle à ce serment. En ce moment où le pays est de nouveau divisé, appelé par le destin, j’ai le devoir d’œuvrer à la recherche de la paix et de contribuer à la reconstruction de notre pays qui se meurt », a-t-il martelé.
Parallèlement, le Président Kabila a visité le centre de formation du M23 situé à Rumangabo, ancienne base militaire des FARDC dans le territoire de Rutshuru, où des éléments de l’armée et de la police subissent une formation idéologique et militaire de la rébellion.




















































