Membre du consortium Congo n’est pas à vendre (CNPAV), le Réseau panafricain de lutte contre la corruption (UNIS) publie ce lundi 07 avril, la troisième édition du bulletin KANYAKA-RUSHWA [ corruption, ndlr] qui met en lumière les dérives « graves » constatées dans la gestion des affaires publiques au cours du dernier trimestre 2024.
Ce bulletin comme les précédents, documente une série d’affaires de corruption qui ternissent la réputation des institutions publiques avec un impact direct sur la vie quotidienne des Congolais.
De plus, ce document examine des cas emblématiques, allant des détournements de fonds publics à des scandales impliquant des hauts fonctionnaires, des magistrats et des acteurs clés de l’État. Parmi les faits saillants, la publication inclut des enquêtes sur :
- L’acquisition controversée d’un immeuble à Bruxelles par le procureur général près la Cour de cassation, dans des conditions soulevant des soupçons de blanchiment d’argent ;
- Le détournement présumé de 5,5 millions USD destinés à la construction de centres de formation professionnelle dans le Kasaï ;
- Le partage d’un butin de 35 000 USD entre trois magistrats dans le Haut-Lomami ;
- L’évaporation de 3 millions USD destinés à l’indemnisation de populations expropriées à Mbuji-Mayi ;
- La répartition opaque de 5,9 millions USD de « jetons de présence » dans le cadre de la renégociation du contrat chinois ;
- L’implication d’un magistrat dans l’évasion d’un dangereux criminel notoire ;
- Le traitement à géométrie variable de certains dossiers judiciaires, notamment l’affaire de surfacturation des forages et lampadaires.
« À travers cette publication, nous visons à apporter une lumière crue sur les abus de pouvoir et les détournements de fonds publics qui affaiblissent nos institutions et affectent le quotidien des Congolais. Nous espérons que cette initiative incitera à une prise de conscience collective et à une action déterminée contre la corruption dans notre pays », a déclaré Jimmy Kande, représentant de UNIS.
Face à la gravité des faits exposés, UNIS appelle à l’ouverture d’enquêtes judiciaires indépendantes, rapides et transparentes sur tous les faits documentés avec obligation de rendre compte publiquement des suites judiciaires données.
Dans cette logique, ce Réseau plaide pour la réactivation et le renforcement effectif des organes de contrôle tels que l’Inspection générale des finances, l’Agence nationale des renseignements (ANR) et la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF). Cette structure de la société civile insiste néanmoins sur la nécessité de mettre ces organes à l’abri de toute influence politique.
Oeuvrant pour la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption en RDC, UNIS a mis en exergue l’urgence de publier systématiquement les déclarations de patrimoine des hauts responsables de l’État, y compris les magistrats, conformément au Code de conduite de l’agent public et d’interdire de financements privés ou étrangers dans les processus de négociation d’intérêt national, tel que dénoncé dans l’affaire des jetons de présence de la SICOMINES.
Somme toute, le Réseau panafricain de lutte contre la corruption exige la mise en œuvre une réforme structurelle et courageuse du système judiciaire, pour en finir avec l’impunité et garantir l’égalité des citoyens devant la loi.
« Les Congolais attendent des réformes tangibles et une justice qui soit réellement au service de la population. La note KANYAKA RUSHWA est un appel à l’action, en particulier pour la justice internationale, notamment la Suisse, à jouer un rôle plus actif dans la lutte contre la corruption en RDC », ajoute Jimmy Kande.
Le Congo N’est Pas À Vendre dont l’UNIS est membre, est une coalition de 16 associations congolaises et non-congolaises qui ont fait de la lutte contre la corruption leur priorité, chacune dans son domaine. Ce dernier couvre les entreprises minières publiques, l’éducation, l’accaparement des biens de l’Etat et des terres, la corruption sur les marchés, les élections, les finances publiques, les atteintes aux droits humains par les entreprises minières, le secteur minier industriel etc.



















































