L’Union Africaine a tacitement condamné le recours à la Kalashnikov comme mode d’accession au pouvoir en République démocratique du Congo. Cette réaction intervient près de deux semaines après la sortie officielle du mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation (FRN) chapeauté par l’ancien président de la République, Joseph Kabila, secondé par Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, dirigeants de l’AFC-M23 ipso facto dissout.
Dans un communiqué daté de ce mardi 19 octobre, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf réaffirme l’attachement à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui condamnent les changements anticonstitutionnels de gouvernement y compris la prise du pouvoir par la force et le renversement des institutions démocratiquement établies.
À cet égard, il appelle l’ensemble des acteurs à privilégier exclusivement les moyens pacifiques, à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute initiative susceptible d’alimenter les tensions ou de compromettre les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale.
Parallèlement, l’UA demande au gouvernement congolais d’organiser un dialogue national inclusif, associant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux concernés, dans le respect des institutions de la République.
Dans cette perspective, le président de la Commission de l’UA a salué les efforts du Président Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue politique
Réaffirmant l’attachement de l’Union africaine à « la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale » de la RDC, il a insisté sur la nécessité de préserver les acquis des processus de Doha et de Washington.
En outre, l’UA met l’accent sur la mise en œuvre des engagements souscrits, de respecter le cessez-le-feu et de garantir la protection des populations civiles.
« Il réitère le plein soutien de l’Union africaine aux efforts de médiation conduits par Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République togolaise et Médiateur de l’Union africaine, avec l’appui du Panel des Facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) », indique ce communiqué.
L’UA se dit prête à accompagner ces efforts, en coordination avec les initiatives régionales et internationales, en vue de l’instauration d’une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Dénonçant un « Congo en péril », Joseph Kabila s’est donné le devoir de combattre le pouvoir en place qu’il accuse de tyrannie.
L’ex Chef de l’Etat, déjà condamné à la peine capitale pour « haute trahison », accuse Félix Tshisekedi de vouloir changer la constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier quinquennat.


















































