À l’occasion de la Journée internationale de la santé mentale, le Réseau Babel International (RBI) et « Ekosimba » ont organisé une journée d’échanges avec des étudiants de plusieurs établissements universitaires de Kinshasa, dont l’Université de Kinshasa et l’ISP Gombe. Placée sous le thème « Mes études, ma santé mentale : mes priorités », cette rencontre a notamment mis en avant la nécessité de renforcer l’accompagnement psychologique en milieu universitaire.
Prenant la parole à cette occasion, Alidor Muyaya, engagé dans l’encadrement de la jeunesse et ambassadeur de la santé mentale, a souligné que les difficultés psychologiques des étudiants ne se limitaient pas à la République démocratique du Congo, mais concernaient également ceux vivant à l’étranger.
« Nous avons estimé que les étudiants traversaient des choses tout à fait particulières, liées aux conditions que nous avons ici dans notre pays, mais pas seulement dans notre pays, même à l’étranger », a-t-il expliqué.
Il a notamment évoqué le cas d’une étudiante vivant au Canada qui avait exprimé des intentions suicidaires et que son réseau affirme avoir accompagnée dans la recherche de solutions.
Échecs académiques, précarité et relations toxiques
Au cours des échanges, les intervenants dont la conferenciere le Docteur Veronique Kayembe, le président des étudiants de l’université de Kinshasa, Merdi Longonya ont identifié plusieurs facteurs susceptibles de fragiliser l’équilibre psychologique des étudiants, notamment les échecs académiques, les déceptions amoureuses, les relations toxiques, les difficultés financières et la précarité. Certains comportements attribués à des enseignants ont également été évoqués.
Ces situations peuvent affecter l’estime de soi, perturber la concentration et compromettre les performances académiques. Face à ces difficultés, les participants ont insisté sur l’importance de libérer la parole, de lutter contre la stigmatisation des troubles psychologiques et de faciliter l’accès à un accompagnement adapté.
Des cellules d’écoute psychologique dans les universités
Parmi les principales recommandations formulées figure la mise en place de cellules d’écoute psychologique au sein des établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Alidor Muyaya a ainsi invité les représentants des étudiants à intégrer ce dispositif dans leurs programmes d’action afin d’offrir un espace d’écoute et d’orientation à ceux qui traversent des difficultés psychologiques.
« Lorsque vous êtes élus présidents de la coordination estudiantine, vous pouvez intégrer la cellule psychologique dans votre programme afin d’échanger avec des personnes qui sont victimes de la dépression », a-t-il recommandé.
Cette démarche vise à rapprocher les services de soutien des étudiants et à les encourager à demander de l’aide lorsqu’ils se sentent dépassés par leurs difficultés.
« L’échec n’est pas une fatalité »
Intervenant également lors de cette journée, le docteur Justin Zigabe a axé son exposé sur le renforcement des ressources mentales des étudiants et leur capacité à faire face aux épreuves du parcours universitaire.
« Rien ne peut leur ôter leurs valeurs et l’échec n’est pas une fatalité », a-t-il souligné, encourageant les étudiants à ne pas considérer un mauvais résultat académique comme une raison d’abandonner leurs études ou de perdre espoir.
Selon lui, l’échec doit plutôt être perçu comme une occasion d’identifier ses lacunes, de mieux assimiler les matières enseignées et de se préparer aux évaluations suivantes.
Le docteur Zigabe a également évoqué les difficultés économiques familiales et certains comportements observés dans le milieu universitaire parmi les facteurs susceptibles d’affecter le bien-être psychologique des jeunes. Il les a exhortés à persévérer dans leurs études malgré les obstacles et à rechercher des solutions face aux difficultés rencontrées.

















































