Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de l’opposant Moïse Katumbi, a lancé un réquisitoire cinglant contre le ministre de la Justice, Constant Mutamba, impliqué dans un scandale financier qui suscite de vives inquiétudes.
Dans son discours, Kamitatu met en lumière des irrégularités notables dans le dossier de construction d’une prison à Kisangani, dont le coût est estimé à 39,8 millions de dollars américains.
« Les faits sont têtus, et les irrégularités sont si flagrantes qu’elles crèvent les yeux », déclare-t-il, qualifiant la situation de crime économique.
Il poursuit en critiquant le ministre : « Ce jeune ministre prétentieux, prompt à réclamer la peine de mort et à mettre à prix la tête des opposants, se pavane dans les médias avec une suffisance démesurée. Il est désormais englué dans un scandale qui évoque la prédation et le crime économique. »
Kamitatu, ancien président de l’Assemblée nationale de la transition, insiste sur le fait que « la construction de prisons ne doit pas être une opération d’urgence, mais plutôt un projet planifié, intégré dans les programmes d’infrastructures judiciaires de tout gouvernement sérieux. » Il considère le recours au marché gré à gré par Mutamba, sous le prétexte d’une urgence pour désengorger la prison centrale de Makala à Kinshasa, comme infondé et proche de la fable.
Un autre point de discorde concerne Zion Construction SARL, l’entreprise sélectionnée pour réaliser ce vaste projet. Kamitatu la qualifie de « fantoche » et dénonce le manque de transparence entourant son choix.
« Comment une société récente, sans expérience ni références, peut-elle se voir attribuer un marché aussi lucratif ? Dans un pays où des entreprises reconnues telles que Safricas, CCCG ou CREC7 attendent leur tour, confier des millions à une coquille vide est inacceptable. Même l’approbation de la Première ministre, si elle existe, ne saurait justifier cette aberration. Qui protège Zion Construction ? », questionne-t-il.
Kamitatu a également critiqué l’absence de transparence, qui semble dissimuler une surfacturation scandaleuse.
« 29 millions, voire 39 millions de dollars pour un bâtiment R+2 ? C’est une insulte à l’intelligence des Congolais. À moins que ce projet ne soit un palais doré déguisé en prison, ce coût est tout simplement indéfendable. Où sont les plans validés par les experts des ITPR ? Quelle transparence existe-t-il sur la superficie ? Ce ministre pense-t-il que le Trésor public est son coffre personnel ? »
Concernant l’avance de 19 millions USD déjà gelée par la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), qui a émis des réserves sur les conditions entourant cette transaction, Kamitatu souligne l’absence de garantie bancaire pour sécuriser ces fonds.
« Une avance indécente : 19 millions de dollars, soit plus de 30 % du marché, versés sans le moindre scrupule ! Où est la garantie bancaire censée protéger ces fonds publics ? Cette largesse, digne d’un mécène plutôt que d’un gestionnaire, témoigne d’une complaisance inacceptable », s’indigne-t-il, tout en mettant en garde contre des manœuvres bancaires douteuses.
« Zion Construction a ouvert un compte à Rawbank juste avant ce versement. Les fonds du Trésor, qui devraient être conservés à la Banque Centrale, circulent dans des circuits suspects. Qui couvre ces acrobaties ? », a-t-il conclu.




















































