Face aux failles structurelles constatées dans le secteur aurifère de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a opéré un remue-ménage visant à revitaliser ce secteur stratégique pour le pays.
Lors d’une intervention sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC) ce lundi 23 février, son porte-parole, Tina Salama a annoncé une série d’ordonnances visant à redresser les établissements publics liés à l’or.
À la tête de la Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA), Mokolo Kanana a été nommé président du conseil d’administration (PCA).
Dans le même temps, Guy Robert Lukama, président du Conseil d’administration de la Générale des carrières et des Mines (Gécamines) jusqu’à sa nomination, a été désigné Directeur Général tandis que Théodore Ngwama occupera le poste de directeur général adjoint (DGA).
Parallèlement, la Société minière de Kilomoto (SOKIMO) voit également des changements importants. François Kakese, jusque-là Gestionnaire de Qualité et Performances du Cabinet du Chef de l’Etat, prend les rênes en tant que Président du Conseil d’administration (PCA), alors que Yannick Nzonde Mulundu et Placide Nkala sont respectivement nommés Directeur général et Directeur général adjoint.
Basée à Bunia en Ituri, SOKIMO est une entreprise publique congolaise spécialisée dans l’exploration et l’exploitation de l’or.
Héritière de l’ancien « Office des Mines d’Or de Kilo-Moto » (OKIMO), elle est détentrice de droits sur d’importants gisements et a formé des partenariats pour des projets, notamment la mine de Kibali.
Depuis 2017, l’entreprise a entrepris des efforts pour se redresser et relancer sa production, notamment par l’installation de petites usines et la réhabilitation d’infrastructures pour améliorer ses performances après des difficultés.
Dans cet élan, la société a relancé en mai 2024, son usine de production et de traitement de l’or installée à Nizi, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bunia dans le territoire de Djugu (Ituri) après plusieurs années de léthargie.
Ces nominations interviennent 72 heures après que le président Félix Tshisekedi, a enjoint le gouvernement à mettre en place une stratégie nationale de captation et de sécurisation du flux d’or face aux déficits de gouvernance et à la corruption.
Lors de la 79e réunion du Conseil des ministres, le Président Tshisekedi a souligné qu’une part importante de la production nationale échappe aux circuits officiels, en raison de la prédominance de l’exploitation artisanale, de la porosité des frontières, des différentiels fiscaux avec certains pays voisins, et des réseaux de commercialisation informelle.
Cette situation entraîne des pertes substantielles de recettes publiques, une sous-évaluation des exportations réelles, une fragilisation du contrôle des flux de devises, ainsi qu’un risque de financement des circuits illicites.
La stratégie imaginée par le Chef de l’Etat vise à rendre les circuits officiels plus attractifs que le marché parallèle grâce à un ajustement ciblé de la fiscalité, à un mécanisme de prix indexé sur le cours international, et à des paiements rapides et transparents aux producteurs.















































