La construction d’une nouvelle prison à Kisangani, estimée à plus de 39 millions USD, est au cœur d’un scandale de malversations financières.
Judith Suminwa, Première ministre de la République Démocratique du Congo, a suspendu le contrat attribué à ZION CONSTRUCTION SARL, alors que des soupçons de corruption pèsent sur le ministre de la Justice, Constant Mutamba.
La Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) a gelé une avance de 19,9 millions USD versée à l’entreprise en raison d’irrégularités liées à la transaction.
En réponse, Suminwa a ordonné à Mutamba de fournir des explications détaillées concernant le dossier d’attribution du marché, incluant les rapport d’analyse des offres, le procès-verbal d’attribution provisoire, le procès-verbal de clôture des négociations ; les preuves de marchés similaires exécutés par l’attributaire; la motivation du choix du mode de passation de gré à gré alors que ce marché devrait être passé en liste restreinte ; le bordereau de prix ainsi que le détail quantitatif et estimatif ainsi que les documents administratifs de la société attributaire du présent marché.
Dans une correspondance datée du 8 mai, la Première ministre a souligné la nécessité de respecter les procédures établies par la loi sur les marchés publics, insistant sur la transparence.
Il y a urgence !
Le ministre Mutamba défend son choix, arguant que la construction de cette prison est cruciale pour désengorger le système pénitentiaire et répondre à des préoccupations de sécurité. Il a affirmé que la décision avait été prise lors d’une réunion ministérielle en novembre 2024, avec un financement prévu par l’Ouganda.
« En considération de la source de financement de la construction projetée, il a été arrêté que celle-ci soit réalisée dans la zone touchée par la guerre ayant opposée l’Armée Rwandaise et l’Armée Ougandaise sur le sol Congolais (querre de six jours) », avait-il expliqué.
En outre, le ministre rassure que toute la procédure de passation des marchés de gré a gré a été respectée notamment : autorisation spéciale de recourir à la procédure de gré à gré, avis de non objection et demande d’approbation à l’autorité approbatrice, la Première ministre, cheffe du Gouvernement.
« Nous avons tacitement obtenu l’autorisation de l’autorité approbatrice, qui n’a pas réagi négativement dans le délai requis », a-t-il écrit en réponse à la demande d’information de la CENAREF tout en soulignant que le coût initial de travaux qui etait dde 39.877.067,96 USD ( trente-neuf million huit cent septante sept mille soixante-sept et nonante six centimes) a été ramené à 29 millions afin de compresser les dépenses.
Malgré ces justifications, la méthode de passation de marché de gré à gré soulève des interrogations. Les critiques pointent du doigt la proximité entre le ministre et l’entreprise choisie, ainsi que le paiement d’une avance avant l’approbation officielle.
La situation actuelle met en lumière des failles dans la gestion des marchés publics en RDC, un pays déjà aux prises avec de nombreux problèmes de corruption. La suspension de ce contrat pourrait être un tournant pour la transparence au sein du gouvernement.
Les regards sont désormais tournés vers le ministre, dont l’avenir politique pourrait être compromis par cette affaire.














































