Ni Mukwege, ni Matungulu, Félix Tshisekedi a choisi un visage discret pour représenter la République démocratique du Congo au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Quarante-huit heures après sa rencontre avec le président Emmanuel Macron à Paris, le gouvernement congolais a officialisé une candidature, pour le moins inattendue, à ce poste stratégique, dont le dépôt de candidature est prévu à la mi-juin pour des élections attendues en novembre au Cambodge.
Surnommé champion de la « masculinité positive », c’est dans la famille du héros national et tout premier Premier ministre de la RDC, Patrice-Emery Lumumba, que le Chef de l’Etat a déniché son oiseau rare.
En effet, après plus d’un mois de tractations, Félix Tshisekedi a jetté son dévolu sur Juliana Amato Lumumba pour porter les ambitions de la RDC pour une Francophonie « plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples ».
Le gouvernement congolais affirme que cette candidature exprime la volonté du pays de contribuer au renouveau et au rayonnement de l’espace francophone.
Kinshasa s’appuie sur son parcours, son engagement pour les femmes et les jeunes, et sa vision d’une Francophonie solidaire qui, selon le ministre délégué à la Francophonie et Diaspora Congolaise, Crispin Mbadu, en font de Juliana Lumumba, « une candidate de conviction et d’action ».
Bien qu’elle ne soit pas une figure médiatisée, la candidate congolaise traine derrière elle plus de 30 ans d’expérience dans la gouvernance publique, la diplomatie culturelle, la coopération internationale et le leadership économique africain.
Titulaire d’un Diplôme de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris, la candidate de la RDC a occupé des postes de responsabilité au sein de l’État Congolais notamment comme Vice-Ministre de la Culture et de l’Information, puis Ministre de la Culture (1997-2001).
Entrepreneure accomplie, elle fonde et dirige plusieurs entreprises dans les secteurs du conseil, de la communication et du commerce international.
« Cette expérience nourrit sa compréhension fine des dynamiques économiques africaines et de la nécessité de renforcer les capacités entrepreneuriales sur le continent », souligne Crispin Mbadu.
À l’instar de son père, Amato Lumumba est également une figure reconnue sur la scène panafricaine et internationale.
De 2007 à 2015, elle a occupé le poste stratégique de Secrétaire générale de l’Union des Chambres de Commerce africaines (UACCIAP) au Caire.
Depuis 2015, elle intervient comme conférencière internationale sur des thématiques majeures : place des femmes dans le développement économique, entrepreneuriat africain, intégration continentale, nouveaux paradigmes de développement, témoignant de son influence intellectuelle et de sa capacité à porter une parole forte, inclusive et mobilisatrice.
Elle est polyglotte et parle couramment français, arabe, anglais, lingala, swahili.
En plus de cette maîtrise du multilinguisme, essentielle pour une Francophonie diverse et inclusive, elle est également portée par un leadership politique confirmé au plus haut niveau de l’État ; une expertise panafricaine unique (ou avérée) en intégration économique et coopération régionale ; une diplomatie culturelle reconnue, forgée dans des représentations officielles internationales ; un engagement constant pour la promotion des femmes dans l’économie et la gouvernance .
« À travers cette candidature, la RDC porte l’ambition d’une Francophonie plus solidaire et plus proche des peuples, capable d’accompagner les transitions numériques, culturelles et économiques du XXI° siècle », affirme le gouvernement congolais.
Candidate de la plus grande nation francophone, en terme de locuteurs, Amato Lumumba fera face à Louise Mushikiwabo, candidate du Rwanda pour un troisième mandat.















































