En marge des Assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale qui se tiennent à Washington, aux USA, le gouvernement de la République démocratique du Congo a formellement sollicité le décaissement d’un appui budgétaire de 600 millions de dollars américains.
La demande a été formulée à cette institution financière lors d’un échange entre la délégation congolaise conduite par le ministre des Finances, Doudou Fwamba et le ministre du Budget , Aimé Boji et le Vice-président Afrique de la Banque mondiale, Ndiaye Diop.
Outre l’état des déclencheurs de l’appui budgétaire de 600 millions USD, les deux parties ont également échangé sur la structuration des projets dans le cadre de l’allocation IDA-21.
A ce titre, l’argentier de la RDC a salué l’accompagnement de la Banque mondiale dans l’exécution du programme gouvernemental, porté par le Président Félix Tshisekedi et conduit par la Première ministre Judith Suminwa. Il a rappelé la résilience de l’économie congolaise malgré l’agression du M23.
« La guerre dans l’Est continue d’affecter lourdement le tissu socio-économique, mais que le gouvernement reste engagé dans les réformes et la discipline budgétaire pour préserver la stabilité macroéconomique », a déclaré Doudou Fwamba insistant sur un décaissement rapide de la première tranche de l’appui budgétaire et l’ouverture des discussions sur la seconde tranche attendue d’ici décembre 2025.

En ce qui concerne le programme IDA-21, la République démocratique du Congo a décidé de canaliser ses efforts pour vers les projets structurants notamment la gestion des déchets à Kinshasa; la gratuité de l’enseignement via le Projet d’Équité et de Renforcement du Système Éducatif, PERSE (PERSE-2); la mobilisation des recettes (projet en cours), études d’infrastructures, pôles agricoles, et routes de desserte (PACT).
« L’appui budgétaire est présenté comme un levier pour renforcer les capacités de l’État dans ce contexte », a-t-il martelé.
S’agissant du dossier relatif à GAFI, Doudou Fwamba a réaffirmé l’engagement du gouvernement de la République démocratique du Congo dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et l’enrichissement illicite, citant le décret sur la déclaration de patrimoine et la mise en place du CONASAFIC.
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Dans cette dynamique, la Banque mondiale a salué les avancées réalisées, encouragé les efforts du Gouvernement en matière de gouvernance, et réaffirmé son soutien au processus de sortie de la RDC de la liste grise.
Ce qu’il faut savoir du GAFI
Le GAFI est un organisme international en charge de l’élaboration des normes en matière de prévention et de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC-FT-FP). La finance illicite alimente la grande criminalité, notamment le terrorisme, la corruption, la fraude, le trafic de stupéfiants, l’évasion fiscale, la criminalité environnementale et la cybercriminalité (y compris l’exploitation sexuelle des enfants en ligne), ainsi que d’autres formes de criminalité organisée.
Elle érode également l’intégrité du système financier international et entrave la soutenabilité du développement économique et social. Le réseau mondial du GAFI, qui comprend plus de 200 juridictions, est au centre des efforts internationaux visant à prendre des mesures décisives, coordonnées et efficaces contre ces menaces pour la sûreté et la sécurité de nos sociétés.
C’est depuis juin 2022 que la RDC est sous « surveillance renforcée » du GAFI pour ses failles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Les juridictions faisant l’objet d’une « surveillance renforcée » travaillent activement avec le GAFI pour remédier aux défaillances stratégiques de leur régime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Lorsque le GAFI place une juridiction sous surveillance renforcée, cela signifie que le pays s’est engagé à résoudre rapidement les défaillances stratégiques identifiées dans les délais convenus et qu’il fait l’objet d’une surveillance renforcée. Cette liste est aussi connue sous le nom de « liste grise ».
Alors que le pays est menacé d’être inscrit dans la « liste noire » avec toutes les conséquences y relatives, le Chef de l’Etat a promulgué le 27 décembre 2022, la loi n° 22/068 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.




















































