Plus de deux semaines après l’instruction donnée par le Président de la République Félix Tshisekedi, en date du 20 février, la Première ministre Judith Suminwa a, à peine lancé l’audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État.
À la demande du président de la République, Félix Tshisekedi, face aux retards observés dans la paie des fonctionnaires depuis fin novembre, l’audit s’inscrit dans une démarche de transparence et d’efficacité au sein de la fonction publique.
En date du 5 mars, la cheffe du gouvernement a présidé la première réunion de cadrage de cet audit, qui a pour objectif de maîtriser l’évolution de la masse salariale en vue d’aboutir à régularisation la paie des agents publics dans un délai raisonnable.
Selon l’Inspecteur Général-Chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Christophe Bitasimwa, « la paie est courante et cet événement conjoncturel fera l’objet d’une vérification rapide ».
L’audit, qui sera piloté par la Primature, bénéficiera de la coordination de l’IGF et fera appel à diverses inspections sectorielles, notamment celles de la Défense, de la Police, de la Fonction publique et de l’Éducation.
Les principales missions de cette opération sont notamment la vérification des effectifs réels rémunérés et l’identification de doublons, d’agents fictifs ainsi que des irrégularités dans le processus de liquidation des salaires.
« Un rapport détaillé est attendu dans un délai maximal de 30 jours, permettant ainsi une action rapide et ciblée », indique le cabinet de la Première ministre.
À travers cet audit, précise la Primature, le gouvernement de Judith Suminwa entend non seulement sécuriser durablement le système de paie mais également préserver le pouvoir d’achat des agents publics selon les priorités du Plan d’Action Gouvernemental (PAG) 2024-2028, qui vise à renforcer la bonne gouvernance et à améliorer les conditions de vie des fonctionnaires.
Une action bis repetita?
La République démocratique du Congo n’est pas à son premier audit du fichier de la paie des agents et fonctionnaires de l’État.
Sous Jules Alingete, l’Inspection Générale des Finances avait, dans son rapport de 2023, révélé plus de 93 000 agents partageant un même numéro matricule avec d’autres agents également payés, plus de 43 000 agents payés sans que leurs noms ne figurent sur les listes déclaratives provenant de leurs services d’origine et plus de 960 agents chargés du traitement de la paie dont les noms se retrouvaient sur les listes de paie de plusieurs ministères, dont plus de quinze pour certains.
Selon cette institution de contrôle rattachée à la présidence de la République, cette situation est à la base d’un manque à gagner mensuel subi par le Trésor public de 148.999.749.440,95 francs congolais.
Face à cette situation, l’IGF avait recommandé le nettoyage du fichier des effectifs des agents et fonctionnaires de l’État. Cependant, aucune action n’a été prise par le gouvernement tandis que la masse salariale a explosé selon le Fonds Monétaire International (FMI) sans maîtrise des effectifs ni des mécanismes de vérification.




















































