Alors qu’elle peine à remonter la faible pente de la desserte dans la ville-capitale Kinshasa, la Régie de Distribution d’Eau (Régideso) a dévoilé un plan visant à implanter des usines de production d’eau en bouteille sur l’ensemble de la République démocratique du Congo.
Lors d’une interview, le Directeur général de l’entreprise, David Tshilumba Mutombo a indiqué que cette stratégie se veut un outil déclencheur pour la diversification des sources de financement de l’entreprise.
Ce modèle, a-t-il affirmé, vise à garantir la viabilité financière de la Régideso, même en cas de retards dans les paiements gouvernementaux qui pèsent sur la caisse de l’entreprise.
« Nous souhaitons multiplier nos revenus tout en réduisant notre dépendance aux paiements de l’État, souvent irréguliers et tardifs », a déclaré Mulumba.
Le directeur général a précisé que l’appel d’offres est déjà en cours.
« Si tout va bien, d’ici trois, quatre mois, on aura les travaux qui vont commencer pour la plus grande usine de production d’eau en bouteille à Kinshasa, avec un modèle de recyclage de bouteilles très différent, parce qu’on ne veut pas que les bouteilles de la Régie des eaux soient retrouvées dans les caniveaux sur l’ensemble de la ville », a déclaré le Directeur général de la Regideso.
En parallèle de cette initiative, la Régideso prévoit de devenir un fournisseur de services de paiement à Kinshasa, voire à l’échelle nationale. Cette démarche diversifiée augmenterait non seulement ses revenus, mais aussi sa capacité à offrir des services économiques à ses clients.
« Nous avons aussi une technologie en cours pour devenir un payment service provider sur l’ensemble de la ville, pourquoi pas sur l’ensemble du pays, avec des services de paiement qui peuvent rapporter beaucoup de revenus à la Régie des eaux », a-t-il expliqué.
Le directeur de la Regideso a déploré l’insolvabilité de l’Etat congolais qui, d’après lui, ne paie régulièrement ses factures.
« Mais tout ça, nous diversifions pour augmenter les revenus, mais aussi pour que quand l’État ne paye pas, qu’on ne soit pas impacté dans le plan d’affaires que nous avons, dans le budget annuel que nous avons et surtout dans les performances que nous avons. Parce que nous faisons ce plan d’affaires, nous faisons ce budget annuel en tenant compte des paiements qui vont venir de l’État. Et si ces paiements viennent une fois tous les dix mois, une fois tous les douze mois, impossible de tenir un plan d’affaires, impossible de réaliser la performance que nous voulons. Donc, nous avons une stratégie en cours, mais nous sommes en train de l’appliquer et nous pensons que nous allons y arriver. Donc, pour que la Régie des eaux devienne la meilleure en Afrique, nous allons mettre en application cette stratégie », a-t-il souligné.
Le DG Tshilumba a également vanté le progrès réalisé par la Regideso en terme de performance et de réputation.
Pour étayer ses affirmations, il a laissé entendre qu’actuellement, la Régideso affiche des pertes réseau de 37%, bien inférieur à celui de nombreux autres pays africains, où les pertes peuvent atteindre 50% ou plus. Cependant, il souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour garantir un accès généralisé à l’eau potable.
« La Regideso fait beaucoup de progrès. Je peux vous dire que même si vous allez sur le continent africain aujourd’hui, la réputation de la Régie des eaux a beaucoup changé. Elle a beaucoup changé parce que la gouvernance a totalement changé à la Regideso. Elle a changé parce que le digital domine. Elle a beaucoup changé parce que le rendement réseau s’est beaucoup amélioré. Je vous ai dit, ailleurs, c’est cinquante pour cent de pertes, soixante-dix pour cent de pertes. Nous sommes à trente-sept pour cent. Mais bien sûr, il y a encore beaucoup à faire. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas encore de l’eau. Il y a tout un cadre de régulation qu’il faut mettre en place pour qu’on arrive à améliorer. Je crois que progressivement, on va y arriver. Je suis très très confiant », a-t-il conclu.




















































