La province du Nord-Kivu est, une nouvelle fois frappée par une tragédie humaine. La mine de coltan de Rubaya au cœur de financement de la rébellion M23 s’est de nouveau écroulée emportant plus de 200 personnes.
Cet incident est survenu le 03 mars sur le site minier de Kasasa à la suite de pluies diluviennes qui ont provoqué un glissement de terrain massif, engloutissant de nombreuses galeries de mine.
Dans un communiqué, le gouvernement congolais souligne que les conditions d’intervention sont extrêmement compliquées, notamment en raison de l’occupation de la région par les rebelles. Cette situation rend difficile le sauvetage des exploitants coincés sous la boue.
Parmi les victimes, figurent environ 70 enfants mineurs, des petits commerçants installés aux abords de la mine pour vendre de la nourriture et divers produits aux exploitants.
Le ministère des Mines a dénoncé les conditions d’exploitation précaires qui pèsent sur les populations civiles dans ces zones qui échappent à l’autorité de l’État.
« L’absence forcée du Service d’Assistance et d’Encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE) et des services de régulation, du fait de l’agression, prive les artisans miniers de tout encadrement sécuritaire élémentaire », indique un communiqué du ministère.
En prévision de tels événements, Kinshasa rappelle avoir déjà pris des mesures de protection en reclassant Rubaya, initialement désignée zone « verte », en une zone rouge. Cette décision a été officialisée par plusieurs arrêtés ministériels interdisant toute exploitation de cette zone tant pour des raisons de sécurité que de droits humains.
« Ce statut interdit formellement toute extraction et commercialisation, signalant à la Communauté Internationale que les minerais issus de cette zone sont entachés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés », ajoute la même source.
Alors que plusieurs malades ont été transférés à Goma, le ministère des Mines, à travers sa division délocalisée à Beni, a annoncé avoir mis en place un suivi humanitaire de la situation pour une protection renforcée des enfants.
En parallèle, le gouvernement a réaffirmé sa détermination pour restaurer l’autorité de l’État dans ces régions pour mettre un terme à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources.
Le 28 janvier dernier, au moins 400 personnes sont mortes sur le même site.
Le commerce de la région de Rubaya, qui fournit plus de 15 % de la production mondiale de tantale essentiel à la fabrication des équipements électroniques modernes, finance la guerre du M23.
Les experts de l’ONU estiment que les gisements de Rubaya rapportent environ 800 000 dollars par mois au M23, grâce à une taxe de sept dollars par kilo, prélevée sur la production et le commerce du coltan. Ces sommes ne représentent qu’une fraction des revenus issus de la taxation du commerce par le mouvement soutenu par le Rwanda, principal bénéfice de cette exploitation illicite.
Entre janvier et juin 2025, des exportations de coltan du Rwanda ont augmenté de 200%. Selon le gouvernement congolais, chaque mois, entre 112 et 125 tonnes de coltan extraites à Rubaya et acheminées exclusivement vers Kigali.




















































