La ministre déléguée à l’Environnement, en charge de la Nouvelle Économie du Climat, Arlette Bahati, a sollicité vendredi dernier le lancement d’un Programme national de gestion et de valorisation économique des déchets en République Démocratique du Congo.
Dans sa note présentée lors de la dernière réunion du Conseil des ministres de février, la ministre a révélé que la mauvaise gestion des déchets coûte environ 25 millions USD chaque mois à la RDC.
« Cela représente 11 % de nos émissions de gaz à effet de serre, alors que les déchets constituent une opportunité en termes de création de richesses et d’emplois », a-t-elle souligné.
Selon elle, la structuration de ce secteur pourrait générer 50 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects, tout en contribuant à l’assainissement des villes et en stimulant l’économie nationale.
« D’où la nécessité de lancer ce Programme national, placé sous l’autorité de la Première ministre, afin d’assurer une meilleure coordination entre les intervenants et les ministères sectoriels concernés », a ajouté Arlette Bahati.
Pour ce faire, la mise en œuvre du programme s’effectuera en trois phases, avec Kinshasa comme ville pilote avant un déploiement dans d’autres villes du pays. Il s’agit de la Phase d’urgence (6 mois); Phase de renforcement des capacités (18 mois) ainsi que de la Phase d’opérationnalisation (24 mois).
En outre, la ministre a demandé la mise en place d’une task force multisectorielle sur la gestion et la valorisation économique des déchets pour le lancement de la phase d’urgence, ainsi qu’une mobilisation générale de la population pour le nettoyage de Kinshasa.
En novembre 2025, le président de la République Félix Tshisekedi avait dénoncé un manque de suivi manifeste dans la gestion de la salubrité publique dans la capitale congolaise.
Le Chef de l’Etat disait avoir constaté partout dans la capitale, des scènes de désolation se multiplient qui traduisent un manque de suivi manifeste dans la gestion de la salubrité publique.
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Sur le plan sanitaire, les conséquences sont lourdes et variées, allant de la pollution environnementale à la propagation de maladies hydriques, compromettant ainsi le bien-être des Kinois.
Dans ce contexte, le chef de l’État avait rappelé l’urgence d’intensifier les mesures d’assainissement à Kinshasa. Cependant, rien n’a été et Kinshasa demeure sale.
Avec une population de plus de 18 millions d’habitants, Kinshasa produit environ 10.000 tonnes de déchets par jour. 40% de ces déchets sont des plastiques jetés dans les rues de la capitale, à cause d’une gestion calamiteuse.
Ces dernières années, plusieurs campagnes de salubrité ont été menées à Kinshasa sans véritable résultat. De Kin Propre à Kin Bopeto, en passant par l’opération Coup de Poing ou les projets PAIDECO, PARAU et BCECO, tous se sont soldés par des résultats mitigés au regard des attentes des Kinoises et des Kinois.
Pour inverser la tendance, le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba, successeur de Gentiny Ngobila, avait lors de son investiture, présenté sa stratégie miracle. Il s’agit de la règle des 3R pour préserver les ressources naturelles, réduire l’impact environnemental et soutenir l’économie circulaire, tout en valorisant les déchets. Cette méthode inclut la réduction des déchets, le recyclage pour leur donner une seconde vie et leur réutilisation au lieu de les jeter.




















































