Le président de la République, Félix Tshisekedi, a ouvert ce lundi 2 mars le Forum National des Affaires Coutumières, placé sous le thème « Renforcement de l’autorité coutumière, gage de stabilité, de développement, de sécurité et de cohésion des communautés en République Démocratique du Congo ».
Dans son allocution, le Chef de l’État a souligné une avancée majeure dans la reconnaissance de l’autorité coutumière comme socle des valeurs traditionnelles, illustrée par la loi du 25 août 2015, qui fixe le statut des chefs coutumiers ainsi que les conditions de dévolution et d’exercice du pouvoir en dépit des exigences d’un État moderne, démocratique et décentralisé.
« Là où l’autorité coutumière est respectée, structurée et bien articulée à l’État, les communautés sont plus stables, les conflits sont mieux prévenus et le développement est plus enraciné », a déclaré le président Tshisekedi.
Il a mis en avant la nécessité de passer du cadre juridique à la pratique, transformant ainsi le texte en gouvernance quotidienne.
« Comment garantir une succession coutumière légitime et apaisée ? Comment mieux articuler l’autorité coutumière avec l’administration territoriale, la justice, les services fonciers, les secteurs des mines, de l’agriculture, du développement rural et de l’environnement ? Comment faire des chefferies, groupements et villages de véritables pôles de stabilité, de médiation et de développement local ? Ce forum est l’espace approprié pour répondre à ces questions de manière collective, responsable et durable, en s’appuyant sur l’expérience des autres », a-t-il ajouté.
Dans son harangue, le Chef de l’État a dénoncé l’occupation d’une partie du territoire par les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, et l’installation d’administrations parallèles dans les zones sous leur contrôle.
« Nous tenons cette rencontre dans un contexte sécuritaire grave que nul n’est censé ignorer. Notre pays est victime d’une agression injuste menée par un pays voisin à travers le mouvement terroriste du M23-AFC et d’autres groupes armés qui se sont rendus coupables d’occupations illégales, de déplacements massifs de nos populations et de violences inacceptables », a-t-il dénoncé.
Le président congolais a également alerté sur les méthodes utilisées par les rebelles, notamment la substitution des chefs coutumiers légitimes par des individus imposés, étrangers aux traditions locales, afin de mieux asseoir une logique d’occupation et de création.
« Comme j’ai eu l’occasion de le dire à d’autres occasions, je le répète encore solennellement aujourd’hui : Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle ne pourrait effacer nos lignages, nos chefferies, nos droits coutumiers. Les terres de nos ancêtres ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques, mais le fondement même de notre souveraineté et de notre identité », a martelé Félix Tshisekedi.
Dans ce contexte, Félix Tshisekedi a qualifié la présence des autorités coutumières d’acte de résistance et de patriotisme. Il a souligné que la défense de la légitimité des autorités coutumières constitue un soutien à la continuité de l’État, à la pérennisation de l’âme de la nation, à l’intégrité du territoire et à la dignité des communautés.
À l’issue de ces assises, il a formulé cinq attentes :
- Élaborer les grandes lignes d’une politique nationale des affaires coutumières qui clarifie les rôles, les responsabilités, les critères de légitimité et l’articulation avec les institutions de la République.
- Doter le pays d’une base de données fiable et actualisée des entités coutumières et de leurs animateurs légitimes afin d’éviter les confusions, les manipulations et les conflits de succession qui fragilisent nos communautés et ouvrent la porte aux ingérences.
- Intégrer pleinement les peuples autochtones, notamment les populations pygmées, dans cette architecture en respectant leurs spécificités, leurs droits et leur participation à la vie nationale.
- Renforcer le rôle de médiation et de prévention des conflits des autorités coutumières, qu’il s’agisse de conflits fonciers, intercommunautaires, de coexistence entre agriculture et exploitation minière, ou des tensions liées à la gestion des ressources naturelles.
- Promouvoir la place des femmes et des jeunes dans les dynamiques coutumières.




















































