Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a pris à bras-le-corps la problématique de la sécurisation de l’or provenant de l’exploitation artisanale et semi-industrielle.
Lors de la réunion traditionnelle du Conseil des ministres du vendredi 20 février, il a rappelé que l’or constitue une ressource stratégique majeure pour les finances publiques et la stabilité macroéconomique de la RDC.
Cependant, il a souligné qu’une part importante de la production nationale échappe aux circuits officiels, en raison de la prédominance de l’exploitation artisanale, de la porosité des frontières, des différentiels fiscaux avec certains pays voisins, et des réseaux de commercialisation informelle.
Cette situation entraîne des pertes substantielles de recettes publiques, une sous-évaluation des exportations réelles, une fragilisation du contrôle des flux de devises, ainsi qu’un risque de financement des circuits illicites.
Dans ce contexte, il a exhorté le gouvernement à réfléchir à une stratégie de captation et de sécurisation du flux d’or.
Cette initiative, a-t-il expliqué, vise à intégrer progressivement la production artisanale et semi-industrielle dans les circuits officiels, afin d’accroître les recettes publiques, de sécuriser les entrées de devises, et de renforcer la souveraineté économique.
La stratégie imaginée par le président Tshisekedi repose sur quatre axes principaux :
1. Mise en place d’un système national de traçabilité et de centralisation des flux
Ce dispositif repose sur l’identification des acteurs, l’obligation de vente via des comptoirs agréés interconnectés avec l’administration minière et la Banque centrale du Congo, ainsi que la centralisation des paiements dans les circuits bancaires officiels.
2. Instauration des incitations économiques
Selon le Chef de l’Etat, il s’agit de rendre les circuits officiels plus attractifs que le marché parallèle grâce à un ajustement ciblé de la fiscalité, à un mécanisme de prix indexé sur le cours international, et à des paiements rapides et transparents aux producteurs.
3. Renforcement ciblé des contrôles
Pour juguler la sous-évaluation de l’or, le Chef de l’Etat a insisté le renforcement des contrôles au point de sortie stratégique, appuyé par des audits réguliers, une supervision accrue des agents exposés, et la coopération avec les services de lutte contre les flux financiers illicites.
4.Consolidation de la coopération régionale
À travers l’échange d’informations douanières et l’harmonisation des mécanismes et des certifications, il entend stopper les déplacements de flux vers les frontières les plus permissives.
Le président a dès lors chargé, sous l’encadrement de la Première ministre et avec le concours de son cabinet, le vice-premier ministre, ainsi que les ministres de l’Intérieur, de l’Économie nationale, des Finances, de l’Industrie, et du Commerce extérieur, d’élaborer et de mettre en œuvre sans délai une stratégie intégrée, cohérente et opérationnelle de captation, de traçabilité et de sécurisation des flux d’or.
Cette mesure vise à préserver les intérêts économiques et financiers de l’État, tout en luttant efficacement contre la fraude et la contrebande.




















































