L’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, n’a pas manqué le coche pour critiquer la gouvernance actuelle en République Démocratique du Congo (RDC), sous le régime de Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019.
Condamné en mai 2025 pour détournement de plus de 165 millions de dollars de fonds publics alloués au parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, l’opposant s’est exilé en Belgique, où il annonce prochainement la publication de son livre intitulé « Politique économique dans un pays en développement ».
En prévision du baptême de cet ouvrage, Matata Ponyo, candidat à présidentielle de 2023, s’est exprimé sur une chaîne de télévision française. Il y a dénoncé l’absence de leadership des gouvernants congolais et la mauvaise gestion des finances publiques, qui témoigne d’un manque d’orthodoxie.
« Quand j’étais Premier ministre, j’ai mis en place une véritable gouvernance dans tous les secteurs de l’économie, y compris celui de la défense », a-t-il déclaré, soulignant que la mauvaise gouvernance est la principale cause des conflits qui secouent l’est de la RDC, en particulier l’émergence de la rébellion M23, occultant l’implication du Rwanda.
« Aujourd’hui, les gens regardent la rébellion, mais il faut se poser de bonnes questions. Quels sont les problèmes profonds de la rébellion ? C’est la mauvaise gouvernance. Jamais la RDC n’a été mal gérée comme elle l’est aujourd’hui. C’est avant tout un problème de leadership et de gouvernance », a-t-il affirmé.
Pour soutenir son propos, l’ancien Premier ministre a mis en avant que, avec un budget de 16 milliards de dollars, le gouvernement actuel peine à respecter des engagements fondamentaux comme le paiement des salaires et la modernisation des infrastructures.
Selon lui, alors qu’il avait un budget de 5 milliards de dollars, il réussissait à maintenir la paix sociale, à moderniser les routes et à payer les salaires des fonctionnaires à temps.
Matata a ajouté que la décadence de la compagnie aérienne Congo Airways et de la société de transport TRANSCO est symptomatique d’une gestion défaillante, contrastant avec l’époque où son administration avait réussi à stabiliser ces entreprises.
« Sous ma primature, les salaires étaient versés le 15 juin, les routes étaient modernisées, de nouvelles compagnies aériennes et de transport en commun ont vu le jour, le tout avec un budget de moins de 5 milliards. Aujourd’hui avec 16 milliards de dollars américains de budget, toutes les routes sont défoncées, les entreprises sont en faillite, les fonctionnaires ne sont plus payés, et la monnaie s’est dépréciée. Bref, c’était une catastrophe naturelle, avec au centre la mauvaise gouvernance, un déficit chronique de leadership », a-t-il commenté.
Résidant à l’étranger, Matata dit également travailler avec des partenaires internationaux pour démontrer que le problème fondamental de la RDC est la mauvaise gouvernance et non pas la rébellion.
« Une gestion pratiquement fondée sur la famille, la tribu et le copinage », a-t-il ajouté.
Parallèlement, l’ancien chef du gouvernement sous Joseph Kabila estime que l’Afrique est en panne des leaders.
« L’Afrique manque de véritables leaders. Elle est dirigée par des individus qui s’occupent avant tout de leurs propres ventres, de leurs familles et de leurs amis. L’histoire du développement économique, comme je l’explique dans ce livre, devrait être portée par des hommes et des femmes qui, à l’instar d’Aristote et de Platon, plaident en faveur d’une politique au profit du peuple et non des individus », a-t-il conclu.



















































