Malgré la signature d’un accord de paix sous l’égide des États-Unis, la situation sécuritaire s’enlise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Le Rwanda, dont la présence militaire est documentée par de nombreux rapports internationaux, continue d’y déployer des bataillons. Ses supplétifs du M23 progressent notamment dans le Sud-Kivu, après avoir pris Uvira, un verrou stratégique vers le Grand Katanga.
Face à cette impasse diplomatique, le gouvernement congolais dénonce le double jeu du Rwanda.
« Jusqu’à présent, le Rwanda ne fait pas ce qu’il faut pour appliquer cet accord », a dénoncé le vice-premier ministre du Budget, Adolphe Muzito.
« Nous ne sommes pas naïfs. Le président de la République, Félix Tshisekedi, a voulu montrer à la communauté internationale la volonté de la RDC de mettre fin à cette guerre en optant pour la voie diplomatique. Mais nous ne sommes pas naïfs », a-t-il averti.
Néanmoins, face à l’attitude belliqueuse du Rwanda, l’ancien premier ministre a affirmé que la RDC est prête à toute éventualité. Selon lui, le gouvernement prévoit une allocation de 5 milliards de dollars américains pour financer la guerre et défendre l’intégrité territoriale de la RDC dans les cinq prochaines années, si Kagame refuse la paix que nous préconisons.
« Si le Rwanda veut la guerre, il l’obtiendra. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le gouvernement dirigé par Suminwa à se préparer. Nous avons un budget destiné à financer la guerre pour les cinq prochaines années. Nous avons prévu 5 milliards de dollars pour ce faire. Nous croyons pouvoir défendre notre patrie en mobilisant les ressources financières nécessaires pour engager ce conflit », a affirmé Muzito lors d’une interview accordée à France 24.
Ce fonds serait destiné à équiper les forces armées de la RDC afin d’améliorer leur capacité opérationnelle face à l’armée rwandaise, qui a déployé divers missiles sol-air, des drones kamikazes, ainsi que de l’artillerie et d’autres armes lourdes et sophistiquées au Nord et au Sud-Kivu.
« Qui veut la paix prépare la guerre. Nous avons signé l’accord avec le Rwanda pour retrouver la voie de la paix. Et si le Rwanda refuse de comprendre, nous nous préparons véritablement. Nous avons les moyens financiers et nous sommes en train de préparer nos forces armées à cet effet. Le Rwanda obtiendra ce qu’il souhaite de notre pays », a-t-il averti.
Dans sa 28ème tribune de réflexion publiée en octobre 2020, l’ancien premier ministre a également préconisé l’option d’une frontière physique par la construction d’un mur de séparation entre la RDC et le Rwanda.
A l’instar des USA et du Mexique, Muzito estime que la construction d’un mur de séparation aura pour objectifs de pacifier civilement sa population pour sauver des vies humaines en rendant sa frontière peu poreuse ; stopper le pillage des ressources naturelles et l’occupation illégale de ses terres ; priver aux multitudes des groupes rebelles des bases arrières grâce au contrôle de ses frontières. En d’autres termes, leurs priver des sources d’approvisionnement et d’empêcher les immigrations illégales.
Selon ses estimations, le « Mur de séparation » avec hauteur de 8 m sur la longueur totale de 217 Km (inclut 87 Km à travers les eaux du Lac KIVU et environ 60 Km de terrain montagneux difficile à traverser dans la partie la plus septentrionale) coûterait 506.478.000 de dollars américains dont 494.760.000 USD pour le béton pour ouvrage et 11.718.000 USD pour le béton de propreté.




















































