La ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale a présenté un aperçu de la situation d’urgence humanitaire qui sévit en RD Congo, en particulier dans la province du Sud-Kivu.
Selon Ève Bazaiba, l’escalade des hostilités, notamment due à l’offensive des forces rwandaises et de leurs alliés (AFC-M23), a ravivé des tensions dans la région et empiré les difficultés déjà présentes.
Lors d’une conférence tenue le 1er décembre 2025, la ministre a présenté des statistiques désastreuses avec 14,9 millions de personnes dont 5,3 millions des déplacés internes qui ne nécessitent une assistance humanitaire dont les besoins atteignent un budget de 1,4 milliard de dollars jusqu’à la fin de l’année.
L’afflux massif de nouveaux déplacés a modifié de manière significative les prévisions initiales, rendant essentielle une révision des objectifs d’assistance humanitaire ainsi que des capacités logistiques requises.
Elle a également expliqué que la toute récente intervention des forces hostiles à Uvira a conduit à la fermeture de la frontière avec le Burundi, interrompant un corridor vital pour l’approvisionnement en vivres, carburants et autres produits de base. D’après des rapports, plus de 35 000 personnes ont fui en un seul jour à Mboko, tandis que 22 000 autres ont traversé vers le Burundi.
Au-delà de cet aspect, la ministre Bazaiba a révélé que les organisations humanitaires, également confrontées à cette détérioration de la situation, ont dû évacuer. Les besoins sont critiques dans plusieurs domaines : abris, eau, assainissement, soins d’urgence, sécurité alimentaire et protection des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes vivant avec le VIH.
Dans ce contexte, ce membre du gouvernement a appelé à une réponse gouvernementale structurée, se conformant aux directives du Président de la République. Elle a évoqué la nécessité d’une mission interministérielle pour :
- Évaluer la situation sécuritaire et humanitaire ;
- Activer les mécanismes d’urgence pour coordonner l’assistance ;
- Accélérer les démarches diplomatiques avec le Burundi pour ouvrir un corridor humanitaire temporaire ;
- Mobiliser des dispositifs de plaidoyer nationaux et internationaux pour stabiliser la région.
La ministre a également attiré l’attention sur d’autres communautés en détresse, notamment à Boma dans le Kongo Central, Bandundu-Ville dans le Kwilu, Buta dans le Bas-Uélé et Mushie dans le Maï-Ndombe, qui subissent des effets d’inondations dues aux pluies diluviennes, et sur les déplacés victimes des conflits dans la région de Mobondo.




















































