Le président de la République et commandant suprême des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), Félix Tshisekedi, a déclaré avoir hérité d’une « armée de clochards » léguée par son prédécesseur, Joseph Kabila, militaire de son état.
Lors d’un face-à-face avec la jeunesse, Félix Tshisekedi a affirmé que les militaires vivaient dans la précarité, abandonnés par le régime Kabila.
« Lorsque je suis arrivé à la tête de ce pays, j’ai trouvé une armée, pardonnez-moi l’expression, de clochards. Je vous dis sincèrement que j’avais une admiration sans faille pour nos militaires, les troupes. Ils étaient envoyés au combat sans rations, sans solde, sans munitions, sans encadrement, et on leur demandait de faire des miracles ; et il leur est arrivé de faire des miracles », a-t-il déclaré devant un parterre de jeunes réunis dans le gymnase du Stade Tata Raphaël à Kinshasa.
Pour changer la donne, Tshisekedi a annoncé avoir initié des réformes visant à améliorer les conditions de vie des militaires et de leurs dépendants.
« Voilà pourquoi, lorsque je suis arrivé, je me suis attaqué d’abord à leur situation sociale, à leurs conditions de vie, afin de permettre aux militaires de se concentrer uniquement sur la défense. Le patriotisme a un peu disparu de ce pays, mais ce n’est pas trop tard », a affirmé le président de la République.
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En mai, l’ancien président Joseph Kabila Kabange a démontré que le revers des FARDC face au M23 était dû à une mauvaise gouvernance du pays. Celle-ci, dans le secteur de la sécurité, est caractérisée par une formation militaire bâclée, des recrutements ethnicisés, ainsi que par l’emprisonnement « sans jugement » de plusieurs militaires, officiers de haut rang, agents de l’ordre et de sécurité. Il a particulièrement mis en avant des arrestations ciblées contre les militaires swahiliphones.
Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à janvier 2019, a accusé Félix Tshisekedi d’avoir substitué l’armée nationale, instrument de préservation de l’indépendance nationale et de l’intégrité territoriale, à des bandes de mercenaires, des groupes armés, des milices tribales et des forces armées étrangères. Ces dernières ont non seulement mis en lumière leurs limites, mais ont également plongé le pays dans un chaos indescriptible.
Dans son discours, l’homme de Kingakati a accusé le pouvoir de Kinshasa de sous-traiter le maintien de l’ordre public et de la tranquillité nationale à des groupes armés, faisant de l’armée le bouc émissaire de la débâcle sur le front.
« Et comme si cela ne suffisait pas, l’armée nationale est vilipendée, conspuée et tournée en dérision par les autorités qui n’assument jamais rien, alors qu’elles sont censées veiller à sa consolidation et à sa respectabilité. Pour les avoir formés, commandés et conduits au front, je connais nos soldats. Bouc-émissaires, aujourd’hui, de toutes les contre-performances enregistrées sur le champ de bataille, ils ne sont pourtant pas intrinsèquement moins bons, moins nationalistes et moins loyaux », a-t-il asséné, critiquant la qualité du commandement et leur prise en charge.




















































