Depuis plusieurs mois, le gouvernement congolais sous Félix Tshisekedi mène une vaste campagne pour obtenir la reconnaissance internationale du génocide en République démocratique du Congo pour de gains économiques.
Alors même qu’il mène cette action de haute portée politique et historique, la décision de maintenir au sein de son gouvernement un ancien chef rebelle, dont la culpabilité est contestée dans divers dossiers criminels, soulève des interrogations sur la « cohérence » entre ses discours et ses engagements.
Plus d’une semaine après l’adoption par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ainsi que la société civile africaine ont adopté deux résolutions reconnaissant les génocides commis en RDC, l’ancien député provincial Mike Mukebayi a appelé le président Tshisekedi à écarter du gouvernement, l’actuel vice-premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de libération du Congo (MLC), un ancien mouvement armé mué en parti politique.
« C’est un test de cohérence pour Félix Tshisekedi lui-même, pour savoir s’il est sérieux dans ses engagements. Quand il mène une grande campagne pour la reconnaissance du génocide au niveau international tout en gardant dans son gouvernement quelqu’un sur qui pesait une présomption de culpabilité dans des affaires criminelles, il doit se dégager de cette situation. Il doit assumer sa responsabilité, et laisser Bemba se remettre à la justice, ou à tout le moins le mettre à l’écart de son gouvernement. C’est clair », a déclaré cadre d’Ensemble pour la République.
Pour étayer son argumentaire, Mukebayi met en évidence ce qu’il qualifie de « dichotomie » dans les discours et les actes de Félix Tshisekedi.
« On ne peut pas comprendre que le même gouvernement qui lutte pour la reconnaissance du génocide conserve parmi ses membres une personne impliquée dans des crimes aussi graves. Je ne dis pas que la culpabilité est établie, mais il est effectivement cité dans des affaires criminelles. Jusqu’où Félix Tshisekedi continuera-t-il à accepter cette contradiction ? Ce qui est central aujourd’hui, c’est sa capacité à résoudre cette situation », a-t-il ajouté.
Mike Mukebayi a par ailleurs salué les avancées enregistrées sous Félix Tshisekedi dans ce combat de reconnaissance du Genocost.
Parmi ces avancées figure l’institutionnalisation de la journée du 2 août comme journée du Genocost, dédiée à la mémoire des victimes des crimes odieux perpétrés par des rebelles soutenus par certaines multinationales et des États de la région.
« Félix Tshisekedi a fait avancer ce combat et aujourd’hui, à travers le Genocost, nous honorons la mémoire de ces millions de victimes. Pourtant, il y a des prédateurs au sein de son propre gouvernement. Comment peut-il naviguer dans cette complexité ? ».




















































