Le vice-premier ministre de l’Economie nationale, Daniel Mukoko Samba a mis en avant les réformes amorcées par le gouvernement pour améliorer le climat des affaires et à inciter les investisseurs étrangers en République démocratique du Congo.
Au cours d’une interview accordée au média qatari Qatar News Agency, le VPM Mukoko a souligné que l’objectif est de faire de la RDC une destination privilégiée pour les investisseurs étranger.
Lors de son intervention, ce membre du gouvernement a déclaré que le cadre légal congolais incluant le Code des investissements (2002), la loi sur les partenariats public-privé, la libéralisation des secteurs de l’électricité, de l’eau et des assurances, ainsi que la réforme en cours de la loi agricole est « très attractif »
« Le problème n’est donc pas juridique, mais tient souvent au narratif négatif associé à la RDC. Pourtant, des secteurs comme le minier prouvent que les investisseurs étrangers peuvent prospérer ici : en vingt ans, la production de cuivre est passée de moins de 200 000 tonnes à plus de 3 millions, faisant de la RDC le deuxième producteur mondial », a-t-il expliqué.
Nonobstant, Mukoko Samba a reconnu la nécessité de poursuivre les efforts d’amélioration administrative et réglementaire. A ce titre, il a annoncé que le gouvernement envisage de réviser le Code des investissements et le dispositif encadrant le partenariat public-privé (PPP).
Interrogé sur le niveau actuel des relations économiques entre la RDC et le Qatar, le vice-premier ministre a relevé la nécessité d’aligner la dynamique économique sur la qualité des liens politiques. De son avis, le niveau des relations commerciales est « très faible et n’est pas à la hauteur de la qualité des relations diplomatiques entre Kinshasa et Doha ».
« Le volume d’investissement annoncé en septembre devrait permettre d’accélérer des projets essentiels, notamment dans les infrastructures, les ports, les aéroports, l’énergie et la logistique. La RDC est un pays au potentiel immense, non seulement en raison de ses ressources naturelles, mais aussi de ses ressources humaines. Ce potentiel est cependant freiné par un déficit important en infrastructures. Pour un pays quasi enclavé, il est important de renforcer son intégration régionale. La RDC compte au moins sept corridors de transport, qui devraient faire de cette partie de l’Afrique un véritable marché intégré autour de la RDC, le pays le plus peuplé et le plus vaste de la région. Des investissements massifs dans les infrastructures permettront de débloquer ce potentiel », a-t-il préconisé.
Faisant d’une pierre deux coups, le professeur Mukoko a invité le Qatar à soutenir les projets d’intégration économique régionale.
« La RDC, malgré sa sortie étroite sur l’océan Atlantique, est un pays immense dont certaines provinces, notamment de l’Est, sont assez éloignées des grands axes. Pourtant, la région des Grands Lacs présente d’importants intérêts économiques communs. Un pays comme le Qatar, avec sa capacité d’investissement, gagnerait à soutenir des projets favorisant l’intégration régionale plutôt que des initiatives isolées. Les investissements seraient plus rentables s’ils s’inscrivaient dans un espace économique intégré incluant la RDC, pays au potentiel le plus élevé de la région », a-t-il ajouté.
Cette sortie médiatique intervient en prélude de la visite de l’Émir du Qatar, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, à Kinshasa, prévue ce vendredi 22 novembre.
Outre l’aspect politique où l’Etat du Qatar joue un rôle majeur dans les discussions entre le gouvernement et l’AFC-M23, cette visite revêt une importance particulière sur le plan économique après la signature, en début novembre, d’une série de lettres d’intention entre la RDC et Al Mansour Holding pour un paquet d’investissements chiffrés à 21 milliards de dollars.




















































