Près d’un an après la chute de Goma et de Bukavu, les banques restent fermées dans les zones occupées par la rébellion de l’AFC-M23, sur instruction de l’autorité de la politique monétaire.
Malgré la relance des activités de la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO) comme plan de secours pour rétablir les services bancaires, la monnaie locale se fait rare. C’est ce qu’a déclaré Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo, lors d’une interview diffusée sur la plateforme YouTube.
« Ça fait dix mois que les banques sont fermées, il n’y a plus de francs congolais, et la population va se débrouiller », a-t-il affirmé.
Pour pallier cette carence, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a évoqué l’entrée prochaine de devises étrangères, notamment la monnaie rwandaise.
« Cela signifie que bientôt, il y aura la circulation de monnaies étrangères, comme les shillings ougandais, les francs rwandais ou les francs burundais à Uvira. C’est déjà le cas », a-t-il annoncé.
Depuis la prise de Goma, le 27 janvier dernier, les banques et coopératives financières ont fermé leurs portes, entravant la circulation de la monnaie et bloquant des projets en cours. Lors d’un échange, le 12 février, avec des responsables du M23, les banques ont indiqué qu’elles n’ouvriraient qu’à l’instruction des autorités monétaires à Kinshasa, notamment de la Banque Centrale du Congo (BCC).
La rébellion accuse Kinshasa d’avoir fermé les banques dans ses zones pour asphyxier la population. Selon Nangaa, cette situation crée une crise de liquidité, rendant les distributeurs automatiques inopérants et obligeant les habitants à recourir à des alternatives informelles, souvent coûteuses, pour accéder à des fonds.
De plus, la désorganisation des flux financiers empêche les entreprises locales de réaliser des transactions bancaires, menaçant ainsi la relance d’une économie durement touchée par la guerre.
En plus de relancer les activités de la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO), Nangaa a également créé l’Autorité de Régulation du Secteur Économique, Financier et des Assurances, censée jouer le rôle de Banque Centrale dans les territoires contrôlés par l’Alliance Fleuve Congo.




















































