Le rapporteur de l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement congolais, a vivement critiqué la création du mouvement « Sauvons la RDC », une initiative de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila, visant à combattre « politiquement » le pouvoir de Félix Tshisekedi.
Ce mouvement qui a vu le jour à l’issue d’un conclave tenu à Nairobi, au Kenya, regroupe plusieurs figures de l’opposition et de la société civile dont l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, Seth Kikuni et Franck Diongo, deux candidats malheureux à la dernière présidentielle.
Intervenant lors d’une émission radiodiffusée par Top Congo, le député national Jacques Djoli a qualifié l’ex-chef de l’État de « produit périmé ».
Pour étayer son propos, le porte-parole du Bureau de l’Assemblée nationale de la RDC s’interroge sur l’alliance entre Kabila et les rebelles du M23, qu’il avait combattus et neutralisés à son époque.
« Kabila, c’est un produit périmé. Dites-moi, comment un commandant suprême d’une armée qui a combattu la rébellion [M23, Ndlr] peut-il s’asseoir avec les mêmes rebelles ? C’est comme un commandant, un président ou un général qui a combattu les nazis et qui, au final, s’allie aux mêmes personnes. C’est très grave », a-t-il argué.
Pour ce député, après deux mandats successifs à la tête du pays, Joseph Kabila n’a plus rien à offrir aux Congolais.
« Pour moi, Kabila est un produit périmé. Il a été président pendant les cinq années prévues, puis encore cinq autres années, conformément à la Constitution. Si j’étais son conseiller, je lui aurais suggéré de commencer à écrire ses mémoires. Il n’a rien à donner. Qu’est-ce qu’il a laissé pour nous ? C’est tout de même très grave », a-t-il martelé.
Concernant les arrestations des opposants ayant participé au conclave convoqué par Joseph Kabila à Nairobi, Jacques Djoli relativise.
« Les services de renseignement ont besoin d’informations. Peut-être qu’on voudrait savoir comment les choses se sont déroulées », a-t-il déclaré.
Joseph Kabila qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, a créé le mouvement « Sauvons la RDC » quelques mois après avoir été condamné à la peine capitale par la justice militaire pour crimes de guerre et haute trahison.
L’ancien Chef de l’État était également accusé d’être le fondateur de la rébellion AFC-M23, qui, soutenue par le Rwanda, contrôle de vastes territoires au Nord et Sud-Kivu, y compris les villes de Goma et Bukavu.
Parallèlement, Kabila avait rejeté en bloc ces accusations, dénonçant une justice aux ordres visant à l’écarter de la scène politique.




















































