Faisant suite à sa note intitulée « Le Cobalt à Prix cassé, la corruption à plein tarif » publiée en juillet dernier, la Coalition « Le Congo N’est Pas À Vendre » (CNPAV) a allégué des pertes économiques significatives pour la République Démocratique du Congo (RDC) suite à la cession des parts de la Générale des carrières et des mines (Gécamines) dans Mutanda Mining à Rowny Asset Limet en 2011.
Ce rapport accablant expose l’opacité et les irrégularités entourant cette transaction, favorisant des intérêts privés, notamment celui de l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler.
Selon la CNPAV, l’État congolais aurait perdu plus de 2 milliards de dollars en raison de la sous-évaluation des actifs de la Gécamines, la société minière d’État.
Pour étayer ses propos, ce consortium d’organisations nationales et internationales qui militent pour la transparence dans le secteur minier s’est appuyée sur des études indépendantes de grandes institutions financières, telles que Deutsche Bank et BMO Capital Markets, confirment que la valeur réelle des parts de la Gécamines dans Mutanda Mining était bien supérieure aux montants effectivement versés.
En effet, lors de la cession de 20% des parts dans Mutamba, la Gécamines n’a pas perçu que 249 millions de dollars pour l’ensemble des transactions sur le projet MUMI ( Mutanda et Kansuki). Cependant, les acquéreurs des actifs cédés avec en tête l’homme d’affaires israélien ont revendu les mêmes actifs, sans preuves évidentes d’une valorisation à plus de 1,8 milliards.

La coalition rappelle que Dan Gertler a été sanctionné par le Trésor américain en 2017 pour des transactions ayant entraîné une perte de 1,36 milliard de dollars pour la RDC entre 2010 et 2012.
De plus, des enquêtes judiciaires en Suisse ont révélé des manquements graves dans les partenariats entre Glencore et Gertler, illustrant les risques systémiques de corruption dans ces transactions.
Au-delà de cet aspect, le CNPAV a mis en lumière la cession des royalties de la Gécamines à Rowny Assets, une entité liée à Gertler. Ces droits, représentant 2,5 % du chiffre d’affaires de Mutanda Mining, ont été transférés sans appel d’offres ni compensation équitable.
Selon les estimations, les royalties pourraient générer jusqu’à 600 millions de dollars jusqu’à la fermeture des mines de Mutanda Mining projeté à 2039. Cette opération, a souligné Dirk Shaka, coordonnateur du CNPAV, a considérablement affaibli les revenus de l’État, nécessaires au développement du pays.
Face à ces révélations, la CNPAV réitéré son appel à une évaluation publique et indépendante de la cession des actifs de la Gécamines.
« Au vu des pertes colossales de revenus subies par la Gécamines et la RDC et des pratiques évidentes de corruption documentées, le CNPAV appelle le gouvernement à reconsidérer les deux accords signés avec les groupes Ventora et Glencore et à diligenter une réévaluation systématique et indépendante sur la régularité de toutes les transactions et cessions des actifs et droits de la Gécamines et de l’État dans le projet Mutanda Mining.
La cohorte d’ONGs a également insisté sur la transparence dans les transactions liées aux ressources naturelles et tout en appelant à une la vigilance des autorités quant à la gouvernance de ces ressources.
Quid de MUMI?
Situé dans le secteur de Luilu, territoire de Mutshatsha à environ 40 km à l’est de Kolwezi, dans la province du Lualaba, le projet Mutanda Mining (MUMI) tire son nom de la mine de Mutanda. La mine a été explorée pour la première fois par la Gécamines dans les années 1980-91, mais il n’y avait alors que très peu de connaissances disponibles sur les riches potentialités minérales du site.
En 2017, MUMI était le premier producteur mondial de cobalt avec une production de 23,9 kilotonnes de cobalt et reste l’un de plus grand producteur de cuivre.




















































