Le député national Flory Mapamboli a exprimé son désaccord avec le gouvernement congolais concernant la baisse apparente du taux de change sur les marchés.
Selon l’élu de la circonscription électorale de Kasongo-Lunda et membre de la commission Économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) de l’Assemblée nationale, cette appréciation du franc congolais ne doit pas être célébrée sans un examen « minutieux » de ses effets sur le pouvoir d’achat des Congolais.
Fort d’une solide expérience en comptabilité et en gestion des finances publiques, l’élu souligne que la monnaie est avant tout une affaire de la Banque centrale et sa stabilité est nécessaire pour maintenir le pouvoir d’achat de la population.
« L’appréciation du franc congolais doit se traduire par une baisse des prix des biens et services pour être véritablement bénéfique », a-t-il déclaré.
Dans sa réflexion cet expert en finances publiques, explique que cette appréciation résulte d’une combinaison d’outils de politique monétaire restrictive, tels que le taux d’intérêt directeur et les opérations d’open market de la Banque centrale du Congo (BCC). Il évoque également un excédent de 7,8 milliards USD dans la balance des biens à fin juillet 2025, soulignant l’impact du commerce international.
En sus, Flory Mapamboli critique la politique budgétaire actuelle la qualifiant d’expansionniste et peu influente sur les fluctuations monétaires. Il met en avant la nature importée de l’inflation dans une économie largement dollarisée, où une grande partie des biens de consommation, notamment alimentaires, provient de l’étranger.
« La politique budgétaire actuelle étant expansionniste, la trésorerie publique fonctionnant sur base caisse, elle n’exerce qu’une influence marginale sur les fluctuations monétaires », a-t-il argué.
Pour étayer son analyse, le député prend pour exemple la récente dépréciation du dollar américain face à l’euro, notant que malgré cela, les prix intérieurs en Congo sont restés stables.
« Le dollar américain s’est fortement déprécié ces derniers temps face à l’euro, à la suite des anticipations (rationnelles) liées à la politique commerciale protectionniste de Donald Trump. Malgré cela, les prix intérieurs n’ont pas fortement bougé. Au contraire, cette dépréciation a fait que les produits américains sont devenus plus compétitifs à l’étranger, parce qu’ils coûtent désormais moins chers! Vu sous cet angle, la dépréciation monétaire réduit le coût des exportations et dope la croissance économique. Que les populistes du gouvernement arrêtent d’abrutir notre population », a-t-il asséné.
Le gouvernement a expliquée que la baisse du dollar observée depuis quelques jours résulte d’une « bonne coordination » entre la Banque Centrale du Congo et le gouvernement.
Le patron de l’Économie nationale, Daniel Mukoko a renseigné que la Banque Centrale a procédé à un ajustement du niveau des réserves obligatoires, tandis que le gouvernement a poursuivi un resserrement budgétaire notamment par la bonne gestion des échéances fiscales.
« Ce n’est pas un résultat du hasard. C’est le résultat d’un travail bien coordonné entre la BCC et le gouvernement », avait-il souligné.




















































