Au pays de l’oncle Sam, le débat sur les négociations en cours entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’administration Trump concernant un accord minier en échange de la sécurité s’invite au Congrès.
À l’initiative de la députée Linda T. Sánchez, membre du sous-comité du commerce des voies et des moyens, 51 députés démocrates ont dénoncé les négociations « secrètes » entre l’administration américaine et la RDC sur un potentiel accord relatif aux minerais stratégiques.
Les signataires de la lettre critiquent le manque de consultation et de transparence du Congrès dans ces discussions.
« En tant que membres du Congrès, nous sommes profondément préoccupés par l’incapacité de votre administration à consulter le Congrès et par le manque de transparence, en particulier compte tenu de la situation difficile en matière de sécurité, des droits de l’homme, du travail et de l’environnement associé à l’extraction de minéraux en RDC », ont-ils indiqué, soulignant les nombreuses violations des droits de l’homme et la dégradation de l’environnement liées à l’exploitation minière dans le pays.
Les parlementaires américains rappellent que l’exploitation minière en RDC est caractérisée par des pratiques dangereuses et exploitantes. Selon ces élus, environ 7,8 millions de personnes ont été déplacées, et des milliers d’autres ont subi des violences, y compris des violences sexuelles.
« Sur les 350 000 mineurs de cobalt estimés dans le pays, 80 000 travaillent dans des conditions de travail forcé qui mettent leur vie en danger, sans protection et sans alternatives. On estime à 40 000 enfants, certains aussi jeunes, travaillant dans ces conditions difficiles », ont-ils ajouté.
D’autre part, ils ont mis en avant l’impact environnemental de ces activités, soulignant que les résidents des zones minières sont exposés à des produits chimiques nocifs, à la pollution de l’eau et à la contamination des terres, ce qui nuit à la production agricole locale et à la santé publique.
« Les produits chimiques toxiques près des mines artisanales ont contaminé l’eau et les terres environnantes, réduisant la fertilité des sols, nuisant à la production agricole locale et ayant un impact négatif sur les résultats de développement en RDC. La contamination de la nourriture, des terres et de l’eau causée par l’exploitation minière a entraîné des conséquences à long terme sur la santé publique, notamment une augmentation des taux de mortalité maternelle et infantile, des malformations congénitales chez les enfants, le cancer et des risques accrus d’infection », ont-ils martelé, précisant que l’extraction de minerais ne doit pas se faire au détriment de la population congolaise, de ses terres et de ses perspectives de développement.
Par ailleurs, ils ont également relevé un conflit d’intérêts impliquant un proche allié du président Trump, Gentry Beach, qui négocie les droits sur la mine de Rubaya, une réserve stratégique de coltan, souvent liée à des conflits armés.
Face à ces préoccupations, les députés demandent à l’administration Trump de mettre en place un processus « transparent et inclusif » pour les négociations, garantissant l’implication du Congrès et des communautés touchées.
Les députés démocrates ont également exhorté l’administration américaine à conditionner toute visite officielle d’une délégation congolaise à Washington, D.C à un dialogue.




















































