En République Démocratique du Congo, 80 % des transactions sont réalisées en monnaie étrangère. C’est le constat fait par le nouveau gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, lors de sa cérémonie d’installation.
Au cours d’une réunion de prise de contact avec les agents et cadres de la BCC, le gouverneur a exprimé sa détermination à redorer l’image de la monnaie nationale, le franc congolais, et à lui redonner sa valeur d’antan.
Selon lui, une monnaie nationale forte est essentielle pour une politique monétaire efficace.
« Les défis sont immenses. Nous avons déjà passé les deux premières revues du Fonds Monétaire International (FMI) et nous devons poursuivre dans cette lancée. À mes yeux, le plus grand défi d’une institution qui se veut garante de la politique monétaire d’un pays est de rendre les Congolais fiers de leur monnaie, fiers d’utiliser le franc congolais, afin que la Banque Centrale du Congo puisse pleinement jouer son rôle. Il est impossible d’avoir une politique monétaire efficace dans un environnement où plus de 80 % des transactions se font en monnaie étrangère », a déclaré André Wameso, qui a appelé à une mobilisation collective.
« Pour moi, c’est le défi le plus important que nous devons relever ensemble. Cela dépasse le cadre des agents de la Banque Centrale ; c’est aussi une question de prise de conscience générale. Cette prise de conscience ne pourra émerger que si nos populations retrouvent confiance en leur monnaie. C’est là le rôle que nous devons jouer tous ensemble », a-t-il ajouté.
Pour y parvenir, la stratégie de Wameso consiste, d’une part, à sensibiliser l’ensemble des Congolais à l’utilisation du franc congolais, et d’autre part, à initier des formations de qualité pour le personnel de la BCC.

Il prévoit également de miser sur le potentiel humain en améliorant les conditions de travail et sociales des employés.
« Je vais rapidement initier plusieurs initiatives en faveur du personnel, à commencer par des formations. Avec l’accompagnement de la haute direction, je vais examiner comment restaurer les crédits logement pour les agents, qui ont existé par le passé. Nous ne parlons pas de cadeaux, mais de crédits. Je sais aussi que l’éducation de leurs enfants est une préoccupation majeure pour les parents. Ainsi, je vais envisager l’instauration de crédits à l’éducation. De plus, nous mettrons en place une politique priorisant l’embauche des enfants de notre personnel ayant brillamment réussi leurs études », a précisé André Wameso.
Dans cette perspective, il a encouragé les agents et cadres de la Banque à faire preuve d’assiduité.
« Tout cela demande une contrepartie, car rien n’est gratuit. Je demande donc à tous les agents d’être assidus dans leur travail. Notre tâche est lourde, nos défis sont majeurs. Nous devons donc travailler sans relâche pour atteindre nos objectifs », a martelé André Wameso, gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Depuis 2012, la République Démocratique du Congo a lancé sa stratégie nationale de dédollarisation reposant sur plusieurs actions clés, notamment : la suppression des plafonds administratifs sur les taux d’intérêt pour les dépôts et crédits en CDF, la réduction des réserves obligatoires non rémunérées, l’adoption d’un régime de ciblage de l’inflation, le développement d’un marché monétaire pour les titres publics en monnaie nationale, et l’amélioration de l’efficacité du système de paiement.
Cependant, selon la Banque mondiale, cette stratégie n’a eu qu’un impact marginal, et les résultats demeurent en deçà des attentes.




















































