Une fois de plus, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni et chef de l’armée ougandaise (UPDF), est au cœur de vives polémiques après sa prise de position osée sur la crise sécuritaire dans la partie orientale de la RDC et des processus de paix en cours.
Dans ses déclarations publiées sur son compte personnel X, l’atypique général Ougandais a affirmé de nouveau que la ville de Kisangani sera « réunifiée » avec l’Ouganda.
« Selon notre prophète Kakarakashagama… les terres ancestrales des Bachwezi se trouvent quelque part près de Kisangani. Je n’ai rien fait de mal. Je cherche simplement un moyen de rentrer chez moi », a-t-il écrit.
En mars de cette même année, celui qui est pressenti comme successeur à son père, avait non seulement menacé d’éliminer physiquement le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant général Jonny Luboya, mais a surtout évoqué la possibilité de la prise de la ville de Kisangani, dans la province voisine de la Tshopo.
« L’armée ougandaise ne s’opposera pas à la saisie de Kisangani par les rebelles de l’AFC-M23. Mais ils feraient mieux d’agir rapidement, sinon nous le ferons nous-mêmes. Nous pourrions le capturer demain si Mzee (Museveni) nous le permettait », avait déclaré le numéro un des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF).
Réagissant à ces menaces, le président de l’assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga avait appelé le gouvernement central à briser le silence. Pour le président de cet organe délibérant, aucune armée étrangère n’est la bienvenue à Kisangani.
« Nous n’allons pas accepter de revivre le scénario de la guerre de six jours à Kisangani. Aucune armée étrangère n’est la bienvenue chez nous. Ni l’armée ougandaise, encore moins l’armée rwandaise, pire encore les envahisseurs de M23/AFC ne sont les bienvenus à Kisangani. Que le fils de Museveni arrête avec ses provocations qui ne sont pas dignes de la fonction qu’il occupe. Il est temps que le Président Museveni le rappelle à l’ordre et que notre nation ne laisse pas passer cette énième provocation sous silence. Il en va de notre dignité », avait lancé Mateus Kanga.
Historiquement, la ville martyre de Kisangani a été le théâtre des affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise. La guerre dite de « six jours » a lieu du 5 au 10 juin 2000 en plein centre-ville de Kisangani.
Au cours de cette période considérée comme l’un des épisodes les plus sanglants de la deuxième guerre du Congo (1998-2003), des combats intenses et ininterrompus opposant les armées rwandaise et ougandaise, ont fait plus de 1000 victimes civiles et plusieurs centaines de blessés sans compter les dégâts matériels conséquents.
En février 2022, la Cour internationale de justice (CIJ) a condamné Kampala à verser 325 millions de dollars à la RDC pour les dommages causés lors de son intervention militaire entre 1998 et 2003.
Cette décision faisait suite au jugement rendu par la même institution 17 ans plus tôt, établissant la responsabilité ougandaise. Le 1er septembre de chaque année jusqu’en 2026, le Trésor ougandais devra verser 65 millions de dollars à la RDC.




















































