Le gouvernement de la République démocratique du Congo a lancé jeudi 03 juillet à Kinshasa, la campagne de sensibilisation de l’opinion publique sur la portée et les enjeux de l’accord de paix signé avec le Rwanda, le 27 juin dernier à Washington, en présence de hautes autorités américaines.
Face à la presse nationale et internationale, la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner qui a apposé sa signature pour le compte de la RDC, a été interrogée sur les enjeux économiques de cet accord qualifié « d’historique ».
Elle a balayé d’un revers de main les allégations de concessions économiques secrètes ou de deals bilatéraux sous influence étrangère soulignant qu’’aucun engagement économique n’est prévu dans l’accord de Washington.
« L’accord ne prévoit ni contrepartie économique, ni engagement économique contraignant entre la RDC et le Rwanda », a-t-elle pesté dissipant les malentendus autour d’une quelconque transaction commerciale fondé sur l’exploitation des minerais congolais, dissimulée derrière ce texte diplomatique.
« Je tiens à préciser avec clarté que cet Accord de Paix n’est ni un accord économique entre la RDC et les États-Unis, ni un accord bilatéral commercial entre la RDC et le Rwanda », a-t-elle ajouté.
La cheffe de la diplomatie congolaise précise que cet accord est avant tout un engagement politique et sécuritaire, centré sur le respect de la souveraineté nationale, la cessation des hostilités, le retrait des forces étrangères, la fin du soutien aux groupes armés et le retour durable de la paix dans l’Est de la RDC.
Outre les points relatifs au respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de chaque pays, l’accord négocié par les États Unis prévoit le principe d’intégration économique régionale.
Les deux pays ont convenu de lancer, dans les trois mois suivant l’entrée en vigueur dudit Accord, le cadre d’intégration économique régionale en plusieurs étapes qui sera défini dans un accord distinct intitulé « cadre d’intégration économique régionale », et s’appuie sur les efforts existants, tels que la ZLECAf, la CIRGL, le CO et la CAE.
Kinshasa et Kigali ont convenu d’utiliser ce cadre pour développer le commerce extérieur et les investissements provenant des chaînes d’approvisionnement de la région en minerais critiques et d’introduire une plus grande transparence, ce qui bloque les canaux économiques illicites et procure davantage de prospérité aux deux parties en particulier pour la population de la région à partir des ressources naturelles de la région grâce à des partenariats mutuellement bénéfiques et des opportunités d’investissement :
- Intégration bilatérale : Dans le cadre, les Parties lancent et/ou élargissent la coopération sur des priorités communes telles que la gestion des parcs nationaux, le développement hydroélectrique, le dérisquage des chaînes d’approvisionnement en minerais, la gestion conjointe des ressources dans le lac Kivu ; et des chaînes de valeur minières transparentes et formalisées de bout en bout (de la mine au métal transformé) qui relient les deux pays, en partenariat, le cas échéant, avec le gouvernement et des investisseurs des États-Unis.
- Intégration régionale : En outre, avec des partenaires clés, les Parties s’engagent à explorer des options pour lier le cadre à d’autres initiatives internationales ou régionales de développement économique, y compris dans le cadre de projets d’infrastructure.
- Surveillance économique : Les Parties établissent ou utilisent des mécanismes indépendants d’audit économique et de lutte contre la corruption pour surveiller les chaînes d’approvisionnement en minerais, les projets d’infrastructure et tout accord économique futur entre les Parties, conformément au cadre d’intégration économique régionale.




















































