La coalition « Le Congo N’est Pas À Vendre » (CNPAV) est montée au créneau pour dénoncer le décalage alarmant entre les promesses du gouvernement et la réalité budgétaire observée au troisième trimestre de l’année 2025.
Dans une déclaration faite à ECO24.CD, cette cohorte d’organisations locales et internationales qui militent non seulement pour la transparence et la gestion orthodoxe des finances publiques, mais aussi et surtout en faveur de la réduction du train de vie des institutions « budgétivores », note que malgré l’engagement du président de la République, Félix Tshisekedi, stipulé dans la Loi de Finances rectificative 2025, de réduire le train de vie des institutions publiques de 1.079 milliards de CDF (environ 377 millions USD), les chiffres du Plan d’engagement budgétaire (PEB) du ministère du Budget révèlent une situation préoccupante.
Le CNPAV révélé qu’au 17 juin 2025, les dépenses engagées par les ministères avaient déjà atteint 1,405 milliard USD, soit un dépassement de 343 millions USD par rapport aux prévisions.
La Présidence de la République censée prêcher par l’exemple a, quant à elle, engagé 391,6 millions USD, dépassant de 88 millions USD son budget initial.
« Ce dérapage budgétaire est d’autant plus préoccupant qu’il intervient dans un contexte de pauvreté généralisée, d’insécurité persistante et de précarité sociale accrue. Malgré cette situation dramatique, les institutions publiques continuent d’engager des dépenses injustifiées, souvent somptuaires, qui ne répondent en rien aux priorités du peuple congolais », déplore Jimmy Kande qui signe cette déclaration.
Alors que le rapport des Nations Unies sur les finances publiques en RDC avait déjà mis en exergue l’inflation des dépenses et le manque de transparence, le CNPAV souligne que ce nouveau dépassement confirme les préoccupations des citoyens : « le gouvernement semble réticent à mettre fin au gaspillage structurel au détriment de l’intérêt général ».
Face à ce tableau sombre de la situation financière du pays, la Coalition Congo N’est à Vendre (CNPAV) appelle à une transparence budgétaire accrue et à une réorientation des ressources publiques vers des priorités telles que la santé, l’éducation et la sécurité.
Dans cette perspective, cette structure invite le Parlement, autorité de la politique budgétaire en Republique démocratique du Congo, à exiger un audit public des dépenses engagées au-delà du budget 2025.
Le CNPAV a egalement encouragé la Cour des comptes et l’Inspection Générale des Finances (IGF) d’intervenir d’urgence sur ces cas de mauvaise gestion tandis que la société civile et les citoyens sont appelés à rester mobilisés pour exiger transparence et justice budgétaire.
« Le moment est venu de mettre fin à l’impunité budgétaire. Le peuple congolais mérite mieux que des promesses trahies et des dépenses somptuaires. Il est temps que les ressources publiques servent enfin l’intérêt général, et non des privilèges indus », a martelé le CNPAV.
La problématique du train de vie exorbitant des institutions publiques de la RDC persiste en dépit de chapelets de bonnes intentions du gouvernement.
Selon les données du Plan d’engagement budgétaire (PEB) du troisième trimestre 2024 du ministère du Budget, au 26 juin, la Présidence de la République a engagé la totalité de ses crédits budgétaires de 2024 au premier semestre de ladite année en dépensant la bagatelle somme de 713,6 milliards de francs congolais contre ses crédits annuels étaient plafonnés à 665,2 milliards de francs congolais.
Lors de la 64ème réunion du Conseil des ministres du 12 août 2022, Félix Tshisekedi avait recommandé que le budget 2023 puisse être significativement axé sur la programmation des dépenses d’investissement dans les secteurs sociaux de base notamment la santé, l’éducation et le développement rural ainsi que dans le secteur des infrastructures d’intégration nationale.
Nonobstant, sur le budget de 16 milliards de dollars américains, le train de vie des institutions a pris plus de 67%, dont 33,10% sont consacrés à l’administration alors que seulement 5% du budget national avaient été affectés aux autres secteurs à caractère social.
En 2022, les dépenses engagées par le gouvernement congolais pour le fonctionnement des institutions à fin juin 2022 ont été évaluées à plus de 789,3 milliards de Francs congolais (CDF) contre les prévisions budgétaires arrêtées à hauteur de 496,5 milliards de Francs congolais (CDF).




















































