Le docteur Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la paix en 2018, a récemment exprimé de vives inquiétudes concernant l’accord de paix signé entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Cet accord, qui vise à mettre fin à un conflit persistant depuis plus de trente ans, soulève des questions essentielles sur la souveraineté de la RDC et la protection des droits humains.
Mukwege rappelle que la crise actuelle s’inscrit dans un long historique de guerres et d’agressions. Depuis la fin de la guerre civile, la RDC a subi des conflits dévastateurs, entraînant la mort de millions de personnes et plaçant le pays parmi les zones les plus dangereuses au monde.
Le médecin, fondateur de l’hôpital de Panzi, critique les accords de paix passés qui, selon lui, ont souvent favorisé des intérêts à court terme au détriment de la justice. Il mentionne notamment que, à l’exception de l’Accord-cadre d’Addis Abeba de 2013, les autres accords ont été motivés par des compromis nuisibles, intégrant des éléments de groupes armés dans les forces de sécurité congolaises.
Le candidat à la présidentielle de décembre 2023 a également mis en exergue le manque de transparence et d’inclusivité des négociations. Il estime que ces accords reflètent davantage des intérêts économiques étrangers qu’un véritable souci pour le peuple congolais, et il doute de la capacité de cet accord à instaurer une paix durable.
Selon Mukwege, cet accord permet au Rwanda, considéré comme un agresseur, de continuer à mener des opérations militaires sur le sol congolais. Il souligne que, bien que l’accord semble prévoir le respect de l’intégrité territoriale, des dispositions révèlent déjà les graines de conflits futurs.
« Cet accord ne se base pas sur la reconnaissance par le médiateur américain de la reconnaissance qu’il y a un Etat agresseur, le Rwanda, qui défie chaque jour le droit international en totale impunité, et un pays agressé, la RDC qui subit de plein fouet les effets néfastes d’une géopolitique cynique. Si, en apparence, l’accord de paix signé aujourd’hui semble se baser sur le respect de l’intégrité territoriale et prévoit la cessation des hostilités entre la RDC et le Rwanda, et que les deux parties au conflit sont amenées à s’engager à ne plus soutenir les groupes armés, les FDLR du côté congolais et le M23 du côté rwandais – diverses dispositions montrent que les graines de la prolongation du conflit sont déjà plantées », a expliqué le lauréat du Prix Sakharov.
Le médecin appelle le peuple congolais à prendre conscience de la gravité de la situation et à exiger le respect de la Constitution. Il insiste sur le fait que tout accord compromettant la souveraineté nationale doit être soumis à l’Assemblée nationale.




















































