Denis Mukwege, candidat à la présidentielle de 2023, a commenté l’accord préparatoire signé le 18 juin dernier à Washington par les équipes techniques de la RDC et du Rwanda, en présence de la Sous-secrétaire d’État américaine.
D’entrée de jeu, le Prix Nobel de la paix 2018 a souligné l’ambiguïté de cet accord, qui se contente d’énumérer une série de dispositions sur le respect de l’intégrité territoriale, l’interdiction des hostilités, le désengagement, le désarmement et l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques. Il évoque également la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination, la facilitation du retour des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du pays, ainsi que l’accès humanitaire, et un cadre d’intégration économique régionale.
Cependant, si le « réparateur des femmes » reste circonspect à l’égard de tous les points de cet accord, c’est l’absence de clarté autour de la « coopération économique » qui attire particulièrement son attention.
Selon lui, ce processus, caractérisé par son opacité et son non-inclusivité, semble favoriser l’agresseur non sanctionné, qui pourrait ainsi voir ses crimes passés et présents blanchis sous le prétexte de « coopération économique ».
« Dans l’état actuel, cet accord en gestation reviendrait à accorder une prime à l’agression, à légitimer le pillage des ressources naturelles congolaises, et à contraindre la victime à aliéner son patrimoine national en sacrifiant la justice pour garantir une paix précaire et fragile », a déclaré Denis Mukwege.
Dans cette logique, ce célèbre gynécologue est convaincu qu’envisager « une intégration économique et une cogestion des ressources naturelles avec le Rwanda, responsable du pillage systématique des ressources minières et de millions de morts, sans parler de justice et de réparations, est inconcevable ».
« La justice est non négociable, et les richesses du sous-sol congolais ne peuvent être bradées de manière opaque dans le cadre d’une logique extractiviste néocoloniale », a-t-il insisté, soulignant que la paix ne peut se réduire à faire taire les armes, à obtenir un armistice et à faire du business.
« Pour être juste et durable, elle doit impérativement inclure la justice, le respect des droits humains et le droit international », a martelé l’homme de Panzi.




















































