Des structures sanitaires confessionnelles privées, notamment les kimbaguistes, les salustres (Armée du Salut), les protestantes (Église du Christ au Congo, ECC) et les catholiques (Bureau diocésain des Œuvres Médicales) de la ville de Kinshasa, ont annoncé la suspension partielle imminente de la gratuité de la maternité, en partenariat avec le programme de couverture santé universelle (CSU).
Dans un courrier adressé au coordonnateur national de la CSU, ces structures expriment leur frustration face au non-respect par l’État congolais de ses engagements. Elles signalent avoir accumulé plusieurs mois d’arriérés, les rendant incapables de subvenir aux charges courantes de leurs établissements.
Cette situation résulte directement de :
- Un retard de huit mois dans le paiement des factures pour les accouchements;
- Le non-paiement des consultations prénatales (CPN), préscolaires (CPS) et des échographies obstétricales pendant plus de 20 mois;
- Le non-paiement partiel des soldes des factures antérieures (environ 70 % seulement réglés);
- La retenue à la source de 30 % des factures validées (consultations) pour l’achat de médicaments, qui ne sont livrés qu’en partie.
Les structures précisent que seules les consultations et les accouchements resteront gratuits, tandis que les frais annexes deviendront payants. Cependant, elles préviennent qu’à compter du 19 juin, si aucune solution n’est trouvée, tous les actes deviendront payants afin d’éviter une crise irréparable dans leurs établissements.
« Cette mesure est prise dans l’attente d’une réaction concrète du gouvernement et de la signature de l’avenant à la convention de collaboration spécifique aux structures confessionnelles, dans le but d’assurer réellement un service de qualité à notre population », peut-on lire dans leur courrier.
Le programme de gratuité de la maternité en RDC a été officiellement lancé à Kinshasa en septembre 2023 par le président Félix Tshisekedi. Ce programme, qui inclut également la gratuité des soins pour les nouveau-nés, vise à réduire la mortalité maternelle et infantile et représente une première étape vers la couverture santé universelle. La gratuité a été initialement déployée à Kinshasa et dans trois autres provinces (Sud-Kivu, Kasaï-Oriental et Kongo-Central), avec une extension progressive prévue à l’ensemble du territoire national. À Kinshasa, 350 structures sont accréditées pour accompagner le programme de maternité gratuite sur 1 000 établissements de santé dans la ville.
Le Conseil national de la CSU (CNCSU), directement rattaché à la présidence, a annoncé que 42 millions de dollars ont été mobilisés pour le démarrage du programme et que le Fonds mondial a contribué à hauteur de 78 millions de dollars pour son élargissement à sept nouvelles provinces.




















































