L’ambassadrice des États-Unis, Lucy Tamlyn, a attiré l’attention sur l’exode massif du coltan d’origine illégale en provenance de Rubaya, une zone contrôlée par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, dans la province du Nord-Kivu.
Lors du 20e anniversaire de la DRC Mining Week à Lubumbashi, la diplomate américaine a souligné que l’extraction illégale de coltan a des conséquences graves, tant pour l’économie locale que pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
L’ambassadrice Tamlyn a précisé que cette situation est exacerbée par des conflits armés, notamment l’offensive du M23, qui a perturbé la stabilité régionale et entraîné une hausse des prix de l’étain sur les marchés internationaux.
« Nous savons tous que la région des Grands Lacs souffre depuis des décennies d’instabilité et de conflit. Les souffrances humaines sont immenses. Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont également affectées, comme l’illustre l’exode massif de coltan de Rubaya et la hausse des prix de l’étain suite à l’offensive du M23 sur Walikale », a déclaré l’ambassadrice des États-Unis en RDC.
Elle a également exprimé le souhait de l’administration Trump d’inciter toutes les parties prenantes de la région à collaborer harmonieusement et pacifiquement à des projets favorisant l’intégration économique régionale et la prospérité des économies licites des deux côtés de la frontière, notamment pour l’extraction des ressources naturelles et les chaînes d’approvisionnement.
L’ambassadrice a insisté sur la nécessité de respecter l’intégrité territoriale de la RDC et a appelé au retrait des forces étrangères non invitées. Elle a affirmé que la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles est essentielle pour restaurer la paix et garantir la sécurité des chaînes d’approvisionnement.
« Les États-Unis encouragent une approche qui valorise les ressources naturelles de manière responsable, en respectant les droits des travailleurs et les normes environnementales », a-t-elle déclaré.
Dans ce contexte, Tamlyn a exprimé la volonté du pays de l’oncle Sam de promouvoir des investissements soutenant des pratiques minières durables, contribuant ainsi à un développement économique pérenne.
« Nous sommes convaincus que cela posera les bases d’une paix durable qui a trop longtemps échappé à la région. Cela permettra également des investissements responsables, respectueux des normes environnementales, valorisant les travailleurs et garantissant traçabilité et fiabilité », a-t-elle souligné.
Nécessité d’améliorer le climat des affaires!
Dans un autre chapitre, la représentante des États-Unis en RDC a évoqué les maux qui minent le climat des affaires et incitent les entreprises américaines à se tourner vers d’autres marchés. Il s’agit notamment des risques perçus liés à l’instabilité politique, à la corruption, et aux problèmes de réputation associés au travail des enfants et au travail forcé.
« À l’approche de ce nouveau paradigme, le dialogue avec le gouvernement sur l’amélioration du climat des affaires devient encore plus crucial. Trop souvent, mon rôle a consisté moins à ouvrir des portes à de nouvelles entreprises qu’à assurer un suivi des entreprises ayant déjà investi en RDC, mais qui souffrent de harcèlement fiscal, d’instabilité budgétaire et d’autres problèmes », a indiqué Lucy Tamlyn.
Dans cette optique, elle a affirmé que les représentants diplomatiques à Kinshasa ont travaillé en étroite collaboration pour transmettre au gouvernement des retours d’entreprises sous forme de suggestions de réformes favorables, contribuant ainsi à faire savoir que la RDC est véritablement ouverte aux affaires.
Depuis sa chute en 2024, Rubaya est l’une des plaques tournantes de la fraude et de la contrebande de ressources minières. Ce sont plusieurs centaines de tonnes de minerais dont le coltan qui sont frauduleusement exportées vers des pays voisins de RDC, principalement le Rwanda.
Les terroristes du M23, supplétifs de l’armée rwandaise (RDF) qui contrôlent des localités dans les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru dans le Nord-Kivu, l’est de la RDC, ont installé une administration parallèle dans la région minière de Rubaya. Celle-ci gère les activités de production minière dans au moins une dizaine de sites de production du coltan, notamment à Luhoho, Kalindi, Rukaza, SMB, Nyagisenyi et autres.
À la reconquête de l’Afrique !
Elle a révélé que les États-Unis souhaitent se repositionner comme partenaire économique privilégié de l’Afrique, en entreprenant des actions ciblées, notamment en faisant de la diplomatie commerciale une priorité dans les ambassades américaines, en promouvant des réformes de marché identifiées par le secteur privé et en mettant en œuvre des projets d’infrastructure de haute qualité.
« Il ne fait aucun doute que nous prenons conscience que, pendant trop longtemps, les États-Unis ont fait preuve d’une faible compétitivité commerciale en Afrique subsaharienne. Nous avons également négligé les chaînes d’approvisionnement essentielles pour les biens de consommation et l’innovation. Cependant, la situation commence à changer sous l’administration Trump : nous nous concentrons désormais sur une croissance portée par l’investissement et le commerce », a-t-elle conclu.
En perspective, les États-Unis envisagent de migrer vers une approche de l’Afrique, passant d’une aide au développement à une stratégie privilégiant un engagement commercial solide, reconnaissant et traitant les pays africains comme des partenaires égaux en matière de commerce et d’investissement.




















































