Alors que le président Félix Tshisekedi a instauré une cellule stratégique pour suivre les discussions et préparer la mise en œuvre d’un potentiel accord entre la RDC et les États Unis d’Amérique, cinq membres du Congrès des américains ont, dans une lettre adressée à Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique à la Maison Blanche, demandé des garanties de transparence avant la signature de l’accord.
Dans cette correspondance, consultée par RFI, ces congressmen ont exprimé leurs préoccupations concernant les clauses entourant les négociations entre les États-Unis et la RDC sur les minerais. Ils s’inquiètent du manque de clarté concernant les conditions d’accès aux ressources congolaises et la gestion de ces richesses. Ils soutiennent que sans garanties solides, ce partenariat risque d’aggraver les conflits et la corruption, au lieu de favoriser la paix et le développement.
De plus, les élus américains réclament un briefing officiel sur les négociations en cours, ainsi que des précisions sur la Déclaration de principes signée en avril entre Kinshasa et Kigali, sous médiation américaine. Ils souhaitent également des éclaircissements sur la prise en compte des questions humanitaires.
En mars, le congressman Ronny Jackson, présenté à tort comme l’envoyé spécial de Donald Trump lors d’un séjour à Kinshasa, avait sévèrement critiqué la kleptocratie qui, selon lui, s’est installée en RDC, entraînant l’enrichissement excessif des membres du gouvernement et de leurs familles, au détriment des citoyens congolais.
Devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ronny Jackson a souligné que la corruption était devenue endémique, facilitée par un système judiciaire soumis aux caprices d’un petit groupe d’individus.
« J’ai été choqué par le niveau de corruption qui y règne. Les entreprises étrangères du secteur de l’internet hésitent à investir, car la sécurité n’est pas garantie et la corruption est omniprésente. Une entreprise suisse m’a confié qu’elle avait reçu une facture d’impôts de 80 milliards de dollars cette année, ce qui est absurde. Bien qu’ils aient réussi à réduire cette facture à un milliard, cela reste astronomique par rapport à leurs bénéfices annuels. Les pots-de-vin posent un problème majeur : les entreprises chinoises peuvent se le permettre, mais pas les États-Unis ni de nombreux autres pays. Cela rend la Chine compétitive sans réelle concurrence », a-t-il dénoncé, critiquant l’instrumentalisation de la justice congolaise.
« Le système judiciaire est biaisé ; en cas de conflit, on ne peut pas s’attendre à un jugement équitable. Les taux de change sont manipulés, et les amendes sont démesurées. Pendant ce temps, des membres du gouvernement s’enrichissent, tandis que la population souffre de la faim et vit dans des conditions déplorables. Nous devons trouver une solution à ce problème avant de passer aux étapes suivantes », a-t-il ajouté.
Malgré les efforts des autorités congolaises, la corruption endémique demeure une réalité, comme l’a souligné le président Félix Tshisekedi lors du lancement, le 20 mars dernier, d’une réunion de haut niveau sur l’élaboration du « Plan stratégique Climat des affaires pour la transformation structurelle de l’économie ».




















































