Le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo va-t-il renaître de ses cendres? Inauguré en fanfare sous la Présidence de Joseph Kabila en 2014, le parc Agro-industriel de Bukanga-Lonzo qui s’étend sur environ 80 000 hectares n’est plus que l’ombre de lui-même.
Des épandeurs cloués au sol, les moteurs des tracteurs neufs jamais utilisés dérobés au profit de navires privés, des tonnes d’engrais chimiques abandonnées…Bukanga Lonzo est le visage d’une gestion chaotique d’un projet vital pour un pays où la faim touche une grande partie de la population.
Plusieurs millions de dollars américains investis par l’Etat ont été détournés et les auteurs dont l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo condamnés pour détournement de plus de 240 millions USD. Mais sous Tshisekedi, le gouvernement veut tenter le coup.

Vendredi, au cours la dernière réunion du Conseil des ministres du mois de mai, le ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa a présenté une note une relative à la relance des activités à vocation du secteur public agricole disposant d’un potentiel de développement garanti, y compris le projet du parc Agro industriel de Bukanga-Lonzo.
Lors de sa présentation, le ministre a précisé d’emblée que l’État congolais a investi des ressources importantes dans la réalisation de ce projet en vue d’assurer une production agricole de grande envergure.
En conséquence, il a sollicité la mise en place d’une commission mixte inter institutionnelle afin d’organiser une mission pouvant aboutir à un état des lieux abordant la question de manière holistique sur l’existant, la gouvernance, l’actionnariat, les états financiers, les engagements vis-à-vis de l’État ainsi que les engagements vis-à-vis des tiers.
Il estime que cette démarche permettra d’élaborer un plan de relance sur base d’éléments objectifs en vue de rentabiliser l’investissement déjà consenti.
Abandonné, le site administratif du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo se trouve à 250 km à l’Est de la ville province de Kinshasa et se situe à 50 km de la route Nationale N° 1 tronçon reliant Kinshasa à Kikwit, à partir de la mission Bukanga Lonzo, et est contourné dans sa grande partie par la rivière Kwango à l’Ouest et par la rivière Lonzo à l’Est.
Le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo qui est à cheval entre la province de Kwango et celle de Kwilu, est victime de spoliation de ses biens. Cette situation est consécutive à l’insécurité due au conflit ethnique entre deux tribus Teke et Yaka dans les provinces Kwilu et Kwango depuis l’année 2022.
En mars 2024, Adèle Kahinda alors ministre de Portefeuille, alertait sur les incursions de la milice Mobondo dans le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo entraînant des homicides d’agents affectés au service minimum pour assurer la supervision et la protection dudit parc.
A cette insécurité grandissante, s’ajoutait la présence régulière de feux de brousse qui se s’étaient déclarés causant des dégâts au niveau des serres et des semoirs, ainsi qu’à celui des entrepôts où sont logés les engins agricoles et plusieurs containers.
Produire les engrais pour appuyer le secteur agricole
Parallèlement, le ministre Bussa a également soumis au Conseil, un projet de relance de Triomf RDC, filiale de AFRICOM AGRI (Pty) Ltd dont l’objet social est la production des engrais pour appuyer le secteur agricole.
Ce projet vise à garantir un financement devant couvrir l’investissement,le fonds de roulement et la trésorerie en vue de relancer cette entreprise et assurer la régularité de son approvisionnement.
« Au niveau du ministère de l’agriculture et de la sécurité alimentaire,les pistes de financement innovantes sont envisagées pour y parvenir. Au demeurant, le ministre du portefeuille a évoqué la nécessité et l’urgence de rendre performante ces entreprises du portefeuille dont l’objet social correspond à la croissance de la production agricole et pour lesquelles les investissements ont déjà été consentis », a expliqué Jean-Lucien Bussa relayé par Actualite.cd.
L’objectif poursuivi par cette méthode est de faire face à l’insuffisance de l’offre alimentaire intérieure des produits agricoles de consommation de masse liée naturellement à la faiblesse de l’investissement dans ce secteur et l’importation des denrées alimentaires de base pour une facture annuelle moyenne de 1,5 milliards USD.




















































