Le chef rebelle Corneille Nangaa a confirmé, ce lundi 26 mai, l’arrivée de l’ancien président Joseph Kabila à Goma, capitale du Nord-Kivu contrôlée par l’AFC, une coalition de groupes armés incluant le M23.
Proche du sénateur à vie, le coordinateur de l’Alliance Fleuve Congo se réjouit de ce retour qui marque le retour de Kabila dans son pays après son départ fin 2023.
« Le retour au pays de ce grand acteur politique est accueilli avec enthousiasme. Il a fait un choix judicieux, préférant ne pas rester en exil forcé. À Goma, Joseph Kabila Kabange est le bienvenu, dans la seule région du pays où l’arbitraire, la persécution politique, les condamnations à mort, le tribalisme, les discriminations et les discours de haine n’existent pas », a déclaré Corneille Nangaa.
« Depuis février dernier, plusieurs délégations et personnalités de divers horizons ont visité Goma. Elles ont pu constater le travail accompli par l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) pour rétablir la sécurité des personnes et de leurs biens. Goma a eu le privilège de recevoir la bénédiction des pères spirituels lors de la visite de la haute délégation mixte ECC-CENCO », a-t-il ajouté.
Vers l’officialisation d’une coalition Kabila-Nangaa contre Tshisekedi ?
Dès son arrivée à Goma, Joseph Kabila a entamé une série de consultations avec ses proches collaborateurs. Corneille Nangaa a annoncé le début d’un « combat » contre la « dictature » instaurée par le président Tshisekedi.
Cette déclaration de l’un des signataires de l’Accord entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, à l’aube de la première alternance politique en janvier 2019, corrobore l’appel lancé vendredi dernier par l’ancien chef de l’État dans son adresse à la nation.
Dénonçant le recul de la démocratie, les violations systématiques de la Constitution, l’instrumentalisation de la justice, les détournements massifs, ainsi que la répression et les arrestations arbitraires des opposants, Kabila a formulé douze propositions, dont les six premières sont :
1. Mettre fin à la dictature, voire à la tyrannie ;
2. Arrêter la guerre ;
3. Rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national ;
4. Restaurer la démocratie en revenant aux fondamentaux d’un véritable État de droit ;
5. Rétablir les libertés fondamentales ;
6. Réconcilier les Congolais et reconstruire la cohésion nationale.
Pour le 4e président de la RDC, ces recommandations engagent la nation dans un sursaut patriotique en faveur d’un pacte citoyen, afin de sortir le pays du gouffre.
L’un des principaux artisans de l’accord signé à la veille de la première alternance politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, Nangaa, ancien président de la CENI devenu rebelle, établit Goma comme le nouveau quartier général de cette coalition anti-Kinshasa.
« Les portes martyres de Goma, symboles du Congo, sont largement ouvertes pour accueillir, en plus de l’ancien président Kabila, tous les compatriotes désireux de trouver un refuge où ils peuvent exercer librement leurs activités politiques dans un esprit républicain, loin des jouisseurs, des insulteurs, des menteurs, des voleurs, des détourneurs tribalistes incompétents et des sbires de la police politique du régime agonisant de Kinshasa. Bienvenue à tous ! Bon retour au pays de vos ancêtres ! Ensemble, mettons un terme à la dictature et aux divisions, faisons avancer la cause du Congo », a-t-il déclaré avec ferveur.
Le retour de Joseph Kabila intervient dans un contexte où la justice militaire a reçu le feu vert du Sénat pour engager des poursuites judiciaires à son encontre pour « crime de guerre, crime contre l’humanité et participation à un mouvement insurrectionnel ».




















































