L’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, dresse un tableau préoccupant de l’économie nationale, six ans après l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême.
Dans son adresse à la nation diffusée sur YouTube ce vendredi 23 mai 2025, le prédécesseur de Tshisekedi est formel : « la situation est alarmante ».
Le Président honoraire souligne que l’augmentation des recettes publiques vantée par l’administration Tshisekedi, due essentiellement aux réformes mises en œuvre entre 2002 et 2018 incluant les nouveaux codes minier, forestier, des hydrocarbures, d’assurances et de sous-traitance n’a pas été accompagnée d’investissements significatifs. Il regrette le manque d’infrastructures modernes et l’absence de réformes structurelles nécessaires pour stimuler la croissance.
L’ancien Chef de l’Etat observe également un retour inquiétant de l’inflation et de la dépréciation monétaire, des problèmes jadis maîtrisés.
« La corruption et le détournement des deniers publics ont atteint des sommets inédits. L’endettement, que nous avions stabilisé dès 2010, a explosé, dépassant les dix milliards de dollars, suscitant des inquiétudes légitimes quant à notre solvabilité à moyen et long terme », affirme-t-il.
Sur le plan social, dit-il, les conséquences sont dramatiques : chômage croissant, arriérés de salaires pour les agents de l’État, baisse significative du niveau de vie, recrudescence du banditisme urbain, exode rural et famine dans plusieurs provinces.
Selon Kabila qui a dirigé la République démocratique du Congo pendant 18 ans, les Congolais font face à une angoisse existentielle.
« Parmi les victimes de ce gâchis se trouve notre jeunesse, qui a été au cœur des luttes démocratiques et a cru en l’alternance pacifique. Aujourd’hui, se sentant abandonnée et sans repères, elle est à la merci des entrepreneurs de conflits et des vendeurs d’illusions », déplore-t-il insistant sur le fait que les promesses faites à la jeunesse par le Président Tshisekedi et son gouvernement sont restées non tenues.
« À cette jeunesse désabusée, comme à l’ensemble de notre peuple, nous devons donner une assurance : l’échec d’un régime ne détermine pas le destin d’un peuple », affirme-t-il.
Dans son harangue, le Sénateur à vie accuse également le régime actuel d’encourager le populisme, la démagogie, le mensonge et l’arrogance, ainsi que la discrimination et la stigmatisation de certaines composantes de la société, pratiques qui sapent la cohésion nationale et compromettent le vivre ensemble.
Pour étayer son discours, l’autorité morale de la plateforme politique, Front Commun pour le Congo critique l’opulence excessive et l’absence de respect des engagements de la classe politique au pouvoir, qui ont rendu le pays vulnérable.
« Plus grave, le repli identitaire, dangereux pour l’édification nationale, a refait surface, accompagné de ses vieux démons d’intolérance et de division. Cela est non seulement toléré, mais aussi encouragé et financé par ceux qui détiennent le pouvoir », martèle-t-il.
Concernant la levée de son immunité et l’autorisation de poursuites judiciaires à son encontre, Kabila estime que le Parlement a abandonné son rôle de contre-pouvoir. Il ne serait plus le bastion de la démocratie, mais une simple chambre d’enregistrement des décisions d’un seul homme, allusion faite à Félix Tshisekedi.
Quant à la justice, garante des libertés publiques, elle a, selon lui, démissionné, se laissant instrumentaliser à des fins politiques.
« Aujourd’hui, elle est devenue un outil d’oppression d’une dictature qui tente de survivre par la terreur et l’imposition d’une pensée unique, partageant ce rôle peu enviable avec les milices tribales et les forces de sécurité, également détournées de leur mission de protection des citoyens », a-t-il conclu.




















































