La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé ses préoccupations concernant les décisions du gouvernement central suite à la chute des villes de Goma et de Bukavu, désormais contrôlées par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo, vitrine politique du groupe armé M23.
Lors d’un point de presse le 16 mai 2025, au Centre interdiocésain de Kinshasa, en marge de la 65ème assemblée plénière de cette organisation religieuse, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a souligné que la fermeture des banques complique la vie des populations dans les zones administrées par la rébellion. Il a affirmé que cette mesure a un impact négatif sur l’économie nationale.
« Au niveau socio-économique et humanitaire, les ressources allouées par le gouvernement pour l’effort de guerre affectent gravement l’économie du pays et la vie des Congolais, en particulier ceux de l’Est. La fermeture des banques et des aéroports dans les territoires contrôlés par l’AFC-M23 impose des conditions de vie précaires à de nombreuses familles. Beaucoup de personnes ayant fui les camps de déplacés à Goma sont désormais contraintes de retourner chez elles, mais peinent à se réinsérer », a déclaré Monseigneur Nshole.
Depuis la prise de Goma le 27 janvier dernier, les banques et coopératives financières ont fermé leurs portes, entravant la circulation de la monnaie et bloquant des projets en cours. Lors d’un échange le 12 février avec des responsables du M23, les banques ont indiqué qu’elles n’ouvriraient qu’à l’instruction des autorités monétaires à Kinshasa, notamment de la Banque Centrale du Congo (BCC).
La rébellion accuse Kinshasa d’avoir fermé les banques dans ses zones pour asphyxier la population. Selon Nangaa, coordonnateur de l’AFC-M23, cette situation crée une crise de liquidité, rendant les distributeurs automatiques inopérants et obligeant les habitants à recourir à des alternatives informelles, souvent coûteuses, pour accéder à des fonds.
De plus, la désorganisation des flux financiers empêche les entreprises locales de réaliser des transactions bancaires, menaçant ainsi la relance de l’économie durement touchée par la guerre.
Pour contourner cette décision, la rébellion a relancé les activités de la Caisse Générale d’Épargne du Congo (CADECO) comme un plan de relance financière, visant à rétablir les services bancaires dans les zones sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo.
À cette occasion, Nangaa a même publié un acte créant l’Autorité de Régulation du Secteur Économique, Financier et des Assurances, qui est censée jouer le rôle de la Banque Centrale dans les territoires contrôlés par l’Alliance Fleuve Congo.
Le gouvernement a qualifié cette initiative d’illusoire, sans fondement et dépourvue de légitimité.
Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a précisé que la CADECO traversait une grave crise financière et avait cessé de participer à la chambre de compensation des institutions financières, remettant en question sa crédibilité.
Il a également souligné que la fermeture des banques vise à préserver la souveraineté monétaire de la RDC.
« Nous savons que la situation est difficile pour nos compatriotes dans ces zones, mais nous ne braderons pas notre souveraineté monétaire. Garder les banques ouvertes à Goma et à Bukavu signifierait maintenir également la Banque centrale. Allons-nous la laisser aux mains d’occupants illégitimes ? La réponse est non », a déclaré Mukoko Samba.
« La souveraineté monétaire n’est pas à partager. Nous avons, comme dans tous les pays, une seule institution faîtière dans le secteur bancaire : la Banque Centrale du Congo. C’est elle qui supervise, contrôle et régule toutes les institutions financières, y compris celles de microfinance », a-t-il conclu.




















































