Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a exprimé ses préoccupations concernant le lancement des travaux de réhabilitation de la route Sake-Masisi, situés dans la province du Nord-Kivu. Cette initiative, lancée par le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo, branche politique du M23, suscite des accusations graves de la part des autorités congolaises.
Jacquemain Shabani, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières, a dénoncé le lancement de ces travaux. Selon lui, le M23, considéré par Kinshasa comme un bras armé de l’armée rwandaise, a attribué le contrat de réhabilitation à Delta Two Construction SARL, une entreprise rwandaise fondée en 2008.

Le ministre a affirmé que cette réhabilitation n’est pas qu’une simple amélioration des infrastructures routières, mais plutôt une manœuvre visant à intensifier le pillage des ressources minérales de Rubaya. Les autorités congolaises craignent que cette initiative facilite l’exportation illégale de minerais, aggravant ainsi la situation économique et sécuritaire de la région.
Rubaya est connue pour ses mines de coltan, un minerai précieux utilisé dans la fabrication d’appareils électroniques. La région a été le théâtre de conflits armés, souvent liés à l’exploitation des ressources naturelles, ce qui a entraîné des tensions socio-économiques et des problèmes de sécurité.
Depuis juin 2024, les rebelles ont installé une administration parallèle dans la région minière de Rubaya, qui gère les activités de production minière dans au moins une dizaine de sites de production du coltan, notamment à Luhoho, Kalindi, Rukaza, SMB, Nyagisenyi et autres.
Le commerce de la région de Rubaya, qui fournit plus de 15 % de la production mondiale de tantale, génère environ 300 000 dollars américains par mois pour le groupe armé, lui permettant de financer la guerre en cours.




















































