En République démocratique du Congo, le gouvernement s’inspire de la célèbre maxime du chimiste et scientifique français du 18e siècle Antoine Lavoisier, selon laquelle : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », pour faire des tonnes de déchets plastiques produites quotidiennement, une véritable opportunité pour la conservation de l’environnement.
Vendredi dernier, Ève Bazaiba, ministre de l’Environnement et Développement Durable a exposé devant le Président de la République, la Première ministre et ses collègues du gouvernement, son projet de transfert des technologies de pose de chaussées souples à base des déchets plastiques.
Sa note est consécutive à la signature, le 12 mars 2025, d’un Mémorandum d’entente avec le Collège de THIAGARAJAR et dont la présentation de ladite technologie a été faite à quelques officiels Congolais ainsi que les partenaires du secteur privé.
Dans cette perspective, le ministère de l’EDD envisage d’acquérir une licence d’exploitation de la part de l’inventeur et de former des experts Congolais à la maitrise de cette technologie innovante afin de l’implémenter en RDC. Ces étapes aboutiront àl’acquisition par le gouvernement des matériels spécialisés.
« Grâce à un partenariat conclu avec des sociétés de la place, plusieurs tonnes des déchets plastiques déjà compactés peuvent servir des matières premières lors de la phase pilote », a déclaré la ministre de l’Environement, Ève Bazaiba précisant que la même démarche sera appliquée pour le Corps de Génie Militaire qui dispose de plusieurs tonnes de bitumes destinés aux opérations d’asphaltage des routes de Kinshasa.
A cette fin, le ministère de l’Environnement et Développement Durable vient d’acquérir sur fonds propres un terrain de 10 hectares vers N’djili Brasserie. Ce vaste espace servira de site de transit, de tri et compactage des déchets plastiques constituant la matière première.
La ministre Bazaiba a sollicité l’appui du gouvernement pour la mise en œuvre et la réussite de cet ambitieux projet.
Avec une population de plus de 18 millions d’habitants, Kinshasa produit environ 10.000 tonnes de déchets par jour. 40% de ces déchets sont des plastiques jetés dans les rues de la capitale, à cause d’une gestion calamiteuse.
Ces dernières années, plusieurs campagnes de salubrité ont été menées à Kinshasa sans véritable résultat. De Kin Propre à Kin Bopeto, en passant par l’opération Coup de Poing ou les projets PAIDECO, PARAU et BCECO, tous se sont soldés par des résultats mitigés au regard des attentes des Kinoises et des Kinois.
Pour inverser la tendance, le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba, successeur de Gentiny Ngobila, avait lors de son investiture, présenté sa stratégie miracle. Il s’agit de la règle des 3R pour préserver les ressources naturelles, réduire l’impact environnemental et soutenir l’économie circulaire, tout en valorisant les déchets. Cette méthode inclut la réduction des déchets, le recyclage pour leur donner une seconde vie et leur réutilisation au lieu de les jeter.
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Cette stratégie, combinée au projet présenté par Ève Bazaiba, pourrait permettre aux Congolais d’avoir une « Kin la belle » verte et écologiquement moderne.




















































