La visite éclair de Massad Boulos, conseiller principal du Président des États Unis d’Amérique, Donald Trump pour l’Afrique, en République démocratique du Congo et au Rwanda, deux pays dont les relations bilatérales sont tendues, porte ses fruits dans un contexte de guerre d’agression dans l’est du Congo.
Les deux pays voisins, dont les violons ne s’accordaient plus sur fond d’accusations mutuelles, semblent avoir trouvé un terrain d’entente sous les auspices de l’administration Trump.
Représentés par leurs ministres des Affaires Étrangères, vendredi dernier à Washington, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, en présence du secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, une déclaration de principes qui, non seulement ouvre une voie vers la paix, la stabilité et le développement économique intégré dans l’est de la RDC et la reprise de relations bilatérales normales, mais reflète également leur engagement politique.

Selon les termes de la déclaration, Kinshasa et Kigali se sont engagés envers un cadre d’intégration économique régionale faisant fond sur les efforts existants, notamment de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), qui engendre pour les deux pays un accroissement du commerce et de l’investissement étrangers associé aux chaînes d’approvisionnement de minerais critiques dans la région. Ce cadre renforce la transparence afin de leur permettre de tirer davantage de prospérité des ressources naturelles de la région grâce à des partenariats économiques et des opportunités d’investissement mutuellement bénéfiques.
Au point trois de cet accord, la RDC et son voisin ont décidé de s’attendre à ce que ledit cadre s’accompagne du lancement ou de l’accroissement d’investissements considérables, dont ceux facilités par les autorités et le secteur privé des USA, afin de transformer l’économie régionale dans l’intérêt de tous les pays participants.
Dans cette perspective, la RDC et le Rwanda envisagent des options pour relier cet accord à d’autres initiatives internationales ou régionales de développement économique, y compris des projets d’infrastructure.
Finalement, les pays de Tshisekedi et de Kagame ont convenu de lancer et/ou d’élargir la coopération concernant des priorités communes telles que le développement hydroélectrique, la gestion des parcs nationaux, l’élimination des risques sur les chaînes d’approvisionnement de minerais, et des chaînes de valeur transparentes, formalisées et licites de bout en bout dans le domaine minier (des mines aux métaux transformés) qui rassemblent les deux pays, en partenariat avec les autorités et les investisseurs américains.
Cet accord intervient dans un contexte où plusieurs rapports de l’ONU et consorts indexent le Rwanda comme étant le principal bénéficiaire de des minerais illicitement exploités en RDC.
Le 17 mars dernier, l’Union Européenne a sanctionné le Rwanda pour exploitation illicite de l’or dans les zones occupées par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) appuyés par les forces spéciales de l’armée rwandaise (RDF), dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.
En effet, des minerais continuent d’être exploités dans les zones minières des régions contrôlées par le M23 et font l’objet d’un trafic vers le Rwanda au profit de l’Alliance Fleuve Congo/M23 et de l’économie rwandaise, où ces minerais provenant de zones de conflit sont mélangés à la production rwandaise.
Les sanctions européennes ont ciblé Gasabo Gold Refinery, une raffinerie d’or basée à Kigali et qui a commencé ses activités de raffinage le 1er juin 2022 à la suite de la fermeture de la raffinerie d’or d’Aldango (Aldango Gold Refinery).
L’EU expliquait que le passage en transit de l’or par le biais de la seule raffinerie d’or du Rwanda, Gasabo Gold Refinery, contribue à l’exportation illicite par l’intermédiaire du Rwanda de l’or extrait illégalement.
« L’extraction illégale et le trafic de ressources naturelles provenant de l’est de la RDC, telles que l’or, contribuent à l’escalade du conflit. La Gasabo Gold Refinery exploite ainsi le conflit armé, l’instabilité ou l’insécurité en RDC, y compris en se livrant à l’exploitation ou au commerce illicites de ressources naturelles », soulignait l’instance européenne.
Dans cette même dynamique, Francis Kamanzi, directeur général de l’Office rwandais des mines, pétrole et gaz (RMB) depuis février 2024 a été également sanctionné.




















































