Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles de l’AFC-M23 ont officiellement entamé les négociations directes à Doha, capitale du Qatar.
Alors que ces négociations organisées sous l’égide de l’Émir du Qatar visent à résoudre pacifiquement la crise sécuritaire dans l’Est, les rebelles qui contrôlent les villes de Goma; Bukavu et de larges territoires, ont soumis leur cahier des charges, contenant une litanie des préalables à l’aboutissement de cette démarche.
A l’instar de la médiation avortée le 18 mars dernier à Luanda, l’AFC-M23 exige une déclaration solennelle et publique du Président Félix Tshisekedi exprimant la volonté politique de son régime de mener des négociations directes.
La rébellion coordonnée officiellement par l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa préconise l’abrogation de la résolution de l’Assemblée nationale du 8 novembre 2022 contre le brassage ou l’intégration des groupes armés au sein des forces de défense et de sécurité et de toutes les autres mesures restrictives prises par le régime de Kinshasa à l’encontre de l’AFC/M23 pour permettre la tenue et l’aboutissement des négociations politiques.
L’Alliance Fleuve Congo, un consortium de groupes armés dont le M23 est membre, réclame l’annulation de toutes les condamnations à mort, des poursuites, des mandats d’arrêt et l’offre d’une récompense à la personne qui aidera le régime de Kinshasa à arrêter ses dirigeants et cadres.
Les revendications de l’AFC-M23 incluent également :
- La libération immédiate de tous les civils ou militaires arrêtés et/ou accusés d’être de connivence avec les AFC/M3 en raison de leur faciès ou de leur ethnie, de leurs relations professionnelles, amicales ou commerciales avec des membres des AFC/M23;
- La fin et criminalisation de tous les discours de haine, souvent suivis d’actes d’oppression et de cannibalisme, ainsi que toutes les chasses à l’homme lancées contre des Congolais en raison de leur apparence ou de la langue qu’ils parlent (swahili, kinyarwanda) sous prétexte de collaboration avec les AFC/M23 ou d’être des infiltrés rwandais;
- La fin de tous les actes de discrimination et de déni de nationalité à l’encontre des communautés susmentionnées
- La signature d’un accord bilatéral de cessez-le-feu entre le régime de Kinshasa et l’AFC/M23.
Bien que le gouvernement est engagé à résoudre cette crise sécuritaire et humanitaire, qui a également un impact sur l’économie nationale, les exigences de l’AFC-M23 semblent outrepassées les bornes préalablement fixées à Kinshasa.




















































