Prince Epenge, président du parti politique Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD Congo), membre de la plate-forme Lamuka dont il est l’un des porte-paroles, a dépeint un tableau sombre de la situation socio-économique, une année après la nomination historique de Judith Suminwa, au poste de Premier ministre de la République Démocratique du Congo.
De la préservation du pouvoir d’achat des congolais à la création d’emplois pour les jeunes, cet acteur politique a dressé un bilan désastreux de l’an du gouvernement Suminwa I.
« J’ai l’impression que madame Judith Suminwa a été nommée à la tête du gouvernement pour des raisons communicationnelle, politique, féministe et non pour donner des résultats », a-t-il déclaré d’emblée.
Pour étayer son argumentaire, cet opposant proche de Martin Fayulu a mis en exergue l’écart entre deux engagements solennels pris par la cheffe du gouvernement lors de son investiture. Il s’agit d’une part de créer de plus d’emplois pour absorber les dizaines de milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année et réduire le niveau de sous-emploi, d’autre part de protéger et renforcer le pouvoir d’achat des ménages congolais.
Dans le programme d’action du gouvernement, la Première ministre avait assuré que l’économie devrait créer en moyenne environ 1,5 millions d’emplois par an sur la période de 2024 à 2030. Cependant, 12 mois après, Prince Epenge estime que tous les indicateurs sont au rouge.
« Elle a parlé de 6 millions d’emplois en accélérant la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, alors qu’aujourd’hui les jeunes entrepreneurs souffrent. Pour accéder à un crédit à la banque c’est un parcours de combattant. Pour avoir des documents pour créer sa société il faut faire six mois, encore faut-il corrompre », a-t-il asséné dénonçant l’omniprésence de la corruption au sein même des institutions publiques.
« La corruption bat son plein. D’ailleurs à ce sujet, son ministre de la Justice, Constant Mutamba a dit sans vaciller, au cours d’une conférence, à laquelle prenait part madame la Première ministre Judith Suminwa que ça puait la corruption dans la salle alors qu’elle était à moins d’un mètre. .. Monsieur Félix lui-même a dit aux jeunes que je vous avais promis de l’emploi mais sache que le l’Etat ne peut pas créer de l’emploi. Le premier pilier est un échec cuisant », a-t-il ajouté.
Alors que le gouvernement avait promis de protéger et renforcer le pouvoir d’achat des ménages congolais contre les aléas des prix à l’importation et les variations du taux de change afin de leur garantir une qualité de vie stable et digne, le Président de l’ADD Congo estime que celui-ci est quasi inexistant.
« Qui a encore son pouvoir d’achat aujourd’hui ? Personne à part les agents de la présidence et ceux qui sont à la primature, commençant par madame Judith Suminwa elle-même. On a perdu notre pouvoir d’achat. Aujourd’hui vous pouvez donner 20.000 FC à votre femme pour faire le marché, demain il en faudra 30.000 au point que lorsqu’elle parle de la jeunesse, celle-ci n’a rien, elle n’achète rien. Nous vivons tous aujourd’hui de Winner et de Paris foot. Tellement que la vie est difficile au Congo, tout le monde joue au winner. Dans quel pays au monde avez-vous vu plus de 80% de la population vivre des paris sportifs ? C’est l’expression de la dégradation du tissu économique. Il n’y a plus rien au point que même les roulages disparaissent à midi à leurs postes de travail pour aller y jouer. Aujourd’hui même les jeunes filles connaissent le championnat d’Azerbaïdjan, tellement elles sont habituées aux paris sportifs », a argué l’homme politique.
Première femme nommée au poste de Premier ministre de la RDC, en date du 1er avril 2024, Judith Suminwa a vu son équipe confrontée aux nombreux défis notamment la crise sécuritaire et humanitaire avec la résurgence de la rébellion du M23 dans l’est du pays.




















































