Moins d’une année après sa réélection et son investiture pour un deuxième et dernier mandat, le Président de la République, Félix Tshisekedi a exprimé sa position quant au débat sur la révision de la Constitution, porté par son parti politique, Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Depuis la ville martyre de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, a affirmé que l’actuelle Constitution n’étant pas « bonne », elle nécessite une réflexion profonde afin de l’adapter aux réalités congolaises.
Par Conséquent, il a dès lors annoncé la mise en place à partir de l’année prochaine (2025), d’une commission inclusive qui mènera lesdites réflexions.
« Notre constitution n’est pas bonne et ça exige une réflexion de la part de nos intellectuels. Ce n’est pas une question d’urgence. L’année prochaine, une commission nationale comprenant plusieurs disciplines sera installée, pour réfléchir sur notre Constitution ». Cette équipe sera composée de plusieurs couches de la population, des Congolais, et aura pour mission de produire une constitution qui répond à nos réalités, qui va rester pour de bon, qui va présider à la destinée de notre pays », a déclaré Félix Tshisekedi ce mercredi 23 octobre.
Le problème en RDC aujourd’hui, ce n’est pas la Constitution
Peu avant cette prise de position du Président Tshisekedi, l’opposant Moïse Katumbi a, au cours d’une interview accordée à ACTUALITE.CD et Jeune Afrique, dénoncé l’intention manifeste de Félix Tshisekedi de « s’éterniser » au pouvoir.
« C’est dans mon appartement ici à Bruxelles qu’on tenait nos réunions à l’époque avec y compris le Président Tshisekedi, Vital Kamerhe, l’actuel président de l’Assemblée nationale. C’est à ce moment-là que nous disions « pasi na yo, pasi na ngai » [Mon malheur, ton malheur] et nous montions des stratégies pour contrer le changement de la Constitution par le président Kabila. On peut regarder les déclarations du Président Tshisekedi à l’époque. Que ça soit en lingala ou en français, il a répété la même chose, disant qu’on ne doit pas toucher à la Constitution. Et c’est la même Constitution aujourd’hui. Le problème en RDC aujourd’hui, ce n’est pas la Constitution », a pesté le président d’Ensemble pour la République avant d’ajouter que « C’est le manque de bonne gouvernance ».
Attention à ne pas ouvrir la boîte de Pandore!
Pour le candidat arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle, selon les résultats officiels, la République Démocratique du Congo est dotée d’une bonne Constitution et rien ne pourrait justifier son changement.
« Le Président doit terminer son mandat et partir. Il ne faut pas qu’il touche à la Constitution. Avant d’arriver au pouvoir, il était contre toute modification de la Constitution, ne fut-ce que d’un seul de ses articles pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore. C’était le cas également du professeur Mbata, du professeur Ndjoli, du professeur Esambo, le conseiller spécial à la Présidence, qui avait démissionné de la Cour constitutionnelle pour protester contre toute modification du texte constitutionnel », a averti Moïse Katumbi dénonçant la faiblesse de gestion du régime Tshisekedi dans tous les secteurs.
« Nous avons une Constitution et ce n’est pas elle qui nous commande d’aller tirer sur nos enfants au Kongo Central. Ce n’est pas la Constitution qui nous demande de ne pas construire chez nous ni de détourner ou dépenser abusivement l’argent de l’Etat. Je le répète, le problème aujourd’hui en RDC, ce n’est pas la Constitution. C’est la mauvaise gouvernance », a-t-il argué.
Le Président Tshisekedi veut s’éterniser au pouvoir
Au cours de la même interview, Moïse Katumbi qui avait déjà partagé l’idéologie avec Félix Tshisekedi, d’abord au sein de la coalition Lamuka ( avant les élections de 2018), puis au sein de l’Union sacrée de la Nation, dénonce la malice à peine voilée du pouvoir en place pour obtenir un troisième mandat en violation de la Constitution.
« Personne n’est naïf. Si certains veulent changer la Constitution, c’est pour permettre au Président actuel d’effectuer un troisième mandat. Le reste, ça n’est que de l’habillage. L’urgence, ça n’est pas de changer la Constitution qui est une bonne Constitution. C’est de travailler pour soulager la population dont les conditions de vie se sont détériorées partout. L’urgence, c’est de venir en aide à nos concitoyens de l’est qui sont dans la guerre. Je constate qu’au sein du pouvoir, certains ne pensent qu’à une chose : s’éterniser au pouvoir, plutôt que l’exercer au service de la population », a déclaré l’ancien gouverneur du Katanga affirmant que « vouloir changer la Constitution à des fins personnels, c’est l’assurance de diviser encore plus profondément le pays qu’il ne l’est déjà ».
Félix Tshisekedi réussira-t-il là où son prédécesseur, Joseph Kabila a échoué? A cette question, seuls les congolais ont un dernier mot tant lui-même (Tshisekedi) reconnaît n’avoir pas le pouvoir de changer de mandat, mais le peuple.




















































