A l’aune du débat général sur la loi de reddition des comptes de la loi des finances pour l’exercice 2023 à l’Assemblée nationale, l’opposant Moïse Katumbi a exprimé ses inquiétudes en rapport avec les révélations de députés nationaux sur la situation des finances publiques.
D’emblée, le président d’Ensemble pour la République dénonce un « scandale national » qui expose au grand jour, les détournements orchestrés par le ministre sortant des Finances, Nicolas Kazadi et met en lumière « l’incapacité » du ministre du Budget à assurer « transparence et rigueur ».
« Ce mépris flagrant pour les lois du pays est inacceptable », peste Moïse Katumbi.
« Les révélations de la Cour des comptes sont choquantes : près de la moitié des dépenses du budget 2023 a été dilapidée dans des procédures d’urgence, sans aucun contrôle, aucun engagement, aucune liquidation. Pendant ce temps, enseignants, militaires et fonctionnaires survivent avec des salaires indignes, tandis que le ministre des Finances rembourse effrontément la dette publique intérieure à 504 % des crédits alloués », ajoute l’ancien gouverneur du Katanga.
Un contrôle s’impose!
Dans sa réaction publiée sur ses canaux de communication, le candidat arrivé deuxième à la présidentielle de décembre 2023 exige un contrôle « urgent » de tous les paiements de cette dette, avec publication de la liste des bénéficiaires.
« Réclamer la transparence n’est pas une attaque contre le ministre, mais un droit fondamental. L’impunité des voleurs doit prendre fin », a-t-il déclaré.
Rien n’a été alloué aux provinces!
En ce qui concerne le programme de développement de 145 territoires, projet phare du gouvernement, dont le coût global d’exécution a été revu à la hausse passant de 1,6 à 2,8 milliards de dollars américains, Moïse Katumbi déplore un taux d’exécution « méprisable ».
« Nos provinces sont totalement abandonnées. En termes d’investissements, rien ne leur a été alloué. Sans routes, sans eau, sans électricité, nos populations sont oubliées et condamnées à la mendicité, à la tracasserie et à la corruption. Il est temps de dire stop à cette gestion désastreuse et de défendre les droits des populations rurales qui souffrent de cet abandon scandaleux », a-t-il préconisé.
Pour Katumbi, ce rapport sur la reddition des comptes devrait « impérativement » interpeller le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale. Dans ce contexte, il estime que leur soutien financier par des appuis budgétaires est « inconcevable » alors qu’ils semblent « ignorer le naufrage économique et social dans lequel vivent plus de 100 millions de Congolais ».
« Il est temps que ces institutions mettent fin à cette complaisance inacceptable et exigent des réformes concrètes avant de continuer à injecter des fonds dans un système qui se désintègre », a-t-il argué.
L’opposant a appelé à la responsabilité collective afin que justice soit faite. « L’heure de la responsabilité a sonné, et nous devons tous exiger des comptes, pour que justice soit faite et que notre pays puisse enfin avancer », a-t-il conclu.
Lors de la plénière de jeudi, les députés nationaux ont dénoncé les dépassements budgétaires et les dépenses en mode d’urgence, au détriment des projets de développement.




















































